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Le rôle de la Chine dans le processus de désarmement nucléaire

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Le 16 octobre 1964 la RPC a effectué un premier test nucléaire au fond du lac asséché de Lob Nor (région autonome de Xinjiang). Il y a 50 ans, la Chine est devenue le cinquième membre du « club nucléaire » mondial après les États-Unis, l'Union soviétique, la Grande-Bretagne et la France. Aujourd'hui, selon les analystes, la Chine est la troisième puissance nucléaire mondiale, étant le seul grand pays au monde à augmenter actuellement son arsenal stratégique.

Les autorités chinoises ne publient pas de données officielles sur l’ampleur de cet arsenal. Mais selon les estimations des experts militaires, à l’heure actuelle la Chine posséderait environ 250 têtes nucléaires. Le ministère chinois des Affaires étrangères affirmait en 2004 que la RPC dispose du plus petit arsenal nucléaire parmi des cinq pays membres du « club nucléaire ». La RPC sous-entendait alors qu’elle disposait d’un nombre de têtes moins important que la Grande-Bretagne, qui en avait 225 en 2004. On considérait alors que la Chine en possédait 200.

De nombreux experts soulignent que le processus de désarmement devrait être général et inclure non seulement la Russie et les Etats-Unis, mais aussi les autres puissances nucléaires, notamment la Chine. Mais Pékin continue de refuser ce genre de discussions. D’après sa position officielle, la Chine est d’accord pour mener des pourparlers sur la limitation des armements stratégiques uniquement après la réduction des arsenaux américain et russe.

Selon l’académicien Alexeï Arbatov, l’un des principaux spécialistes des relations internationales, l’abstention de la Chine dans ce processus va miner le processus de non-prolifération nucléaire.

« Ensemble avec les Etats-Unis et les autres puissances nucléaires, nous ne pouvons pas atteindre la non-prolifération si nous ne réduisons pas l’arsenal nucléaire dans le monde. Mentionne clairement l’article 6 du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), en vertu duquel les puissances nucléaires membres à ce traité, prennent la responsabilité de suivre le chemin du désarmement nucléaire en échange d'un engagement envers les États non nucléaires de ne pas développer ce type d’armes », explique Arbatov. « Etant donné que pendant de nombreuses années, toutes les puissances nucléaires ne respectaient pas cette obligation, l’accord sur la non-prolifération a été fortement déstabilisé, ce qui est très inquiétant pour la sécurité mondiale ».

Apparemment, l’effondrement du régime de non-prolifération pourrait avoir des conséquences extrêmement négatives autant pour des régions concrètes que dans le monde entier. Il faut également penser aux conséquences terribles si jamais ces armes se retrouvent dans les mains des organisations terroristes. Donc il est très utile que la Chine puisse adhérer à ce dialogue sur le désarmement nucléaire.

Les experts s'accordent à dire qu’il est difficile pour les dirigeants chinois d’adopter une telle résolution, qui pourrait être qualifiée de percée dans les relations internationales. La Chine est avant tout préoccupée par la capacité nucléaire de l'Inde, qui n'est pas signataire du traité TNP. Ce n’est pas non plus le cas du voisin de la Chine, la Corée du Nord. Pour la RPC, posséder l’arme atomique, c’est un moyen d’empêcher l'intervention militaire des États-Unis dans un possible conflit autour de Taiwan. Donc, avant qu’il y ait un « redémarrage nucléaire », un redémarrage dans les relations entre Pékin et Washington est également nécessaire. Et ce redémarrage peut avoir lieu si les Etats-Unis abandonnent la politique d’endiguement de la Chine. Or, on en est encore très loin. T


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