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    A qui profitent les livraisons d'armes à l'Ukraine ?

    A qui profitent les livraisons d'armes à l'Ukraine ?

    © Photo: AP/Evgeniy Maloletka
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    L'essentiel pour l'Ukraine, ce sont les armes. Les médias ukrainiens rapportent que le premier ministre Arseni Iatseniouk le qualifie de problème majeur.

    Le budget militaire sera doublé. Désormais l'Ukraine dépensera à ces fins beaucoup plus que de nombreux autres pays qui ne sont point pauvres. Le président Piotr Porochenko a déclaré que les armes seraient fournies par des entreprises ukrainiennes. Les insuffisances seront comblées grâce aux achats à l'étranger et pour ce faire de nouveaux emprunts seront contractés étant donné une pénurie de ressources financières. Personne ne pense à la fin de la guerre et ne se soucie de l'état économique de l'Ukraine.

    Selon le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, les achats d'armes sont actuellement la question clé. Kiev est disposé à acheter des armes à Varsovie. D'autant plus que le président polonais Bronislaw Komorowski avait déclaré précédemment que la Pologne n'y voyait aucun problème.

    La position de Moscou sur le problème est notoire depuis longtemps. Le vice-ministre des Affaires étrangères de Russie Alekseï Mechkov a rappelé récemment que les discussions sur l'éventualité de ces fournitures entravaient le règlement du conflit dans le Donbass. Pourtant les partenaires d'affaires des autorités ukrainiennes sont soit convaincus dans le contraire, soit n'ont nulle intention d'aider le pays à revenir à la paix et au calme.

    En Europe, les Etats pratiquement privés de cette possibilité parlent plus que les autres de l'aide à l'Ukraine. La Pologne et les pays baltes préfèrent, en ce sens, faire appel aux finances d'autrui. Quant à eux, ils ne sont prêts qu'à promettre des armes lesquelles, selon les experts, doivent être retirées du service.

    Les amis d'outre-Atlantique sont plus résolus. L'envoi d'armes en Ukraine y est évoqué depuis longtemps et le président a même signé une loi autorisant leur début à tout instant.

    En décembre les autorités ukrainiennes se sont conduites d'une façon du moins étrange ayant fermé les aéroports de Zaporojié, de Kharkov et de Dnepropetrovsk. La mesure a été expliquée par la lutte contre le terrorisme. Les médias ont aussitôt supposé que les avions de l'OTAN y étaient déchargés. Les militaires ont démenti cette version. Cependant les analystes sont convaincus que des livraisons d'armes à l'Ukraine ont eu lieu. Le politologue de Donetsk Vladimir Kornilov relève :

    « Des armes et du matériel sont déjà livrés à l'Ukraine et des fonctionnaires ukrainiens en parlent ouvertement. Ce que Porochenko a dans la tête, Loutsenko l'a sur la langue. Il a déclaré directement que l'Ukraine recevait déjà une aide militaire de la part des pays de l'OTAN.

    Si les aéroports ont été fermés, il ne fait pas de doute que quelque chose y a été livré et que les autorités ne voulaient pas l'afficher ».

    Sur ces entrefaites, l'Occident continue de donner des conseils amicaux à l'Ukraine et de parler de la nécessité des réformes. Il faut combattre la corruption, donner une forme civilisée à la lustration, résoudre les problèmes économiques. Les amis de l'Ukraine sont, semble-t-il, prêts à octroyer de l'argent à ces fins. Mais la situation traversée actuellement par l'Europe n'est pas propice aux dépenses sans fin, surtout si les sommes allouées disparaissent dans le néant. Quant à Kiev, une fois des crédits reçus, il va demander davantage, estime Alexandre Gouchtchine de l'Université d'Etat des sciences humaines :

    « Le budget adopté est déficitaire, le déficit étant de 65 milliards de hrivnas. Beaucoup dépendra de la façon dont le gouvernement pourra appliquer les réformes impopulaires. En ce qui concerne leur impopularité, c'est déjà sûr. Ces 6 ou 9 prochains mois démontreront combien efficace sera le gouvernement du point de vue économique et combien longtemps la population pourra patienter. L'Occident accordera des crédits après avoir constaté un rendement et la nécessité des réformes car il n'est pas habitué à jeter de l'argent par la fenêtre ».

    Même le pouvoir ukrainien ne se hasarde pas à affirmer que tout est bon en Ukraine. La guerre n'avantage jamais la vie économique et sociale d'un pays. Dans ces conditions, les amis dans lesquels Kiev place de grands espoirs montrent leur vrai visage. A l'aide réelle ils préfèrent les conseils et les promesses et à la volonté de la paix, des fournitures d'armes éventuelles. Personne ne pense à la paix, car la guerre est un moyen excellent d'augmenter ses propres capitaux.

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