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    Marins chinois au bord d'un sous-marin Yuan (archives)

    L'escale pakistanaise d'un sous-marin chinois préoccupe l'Inde

    © Flickr/ Chairman of the Joint Chiefs of Staff
    Défense
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    Un sous-marin chinois a pour la première fois fait escale dans le port pakistanais de Karachi. Les analystes militaires disent que la capacité de la Chine en termes de contrôle de l'océan Indien s'accroît considérablement, ce qui préoccupe depuis longtemps New Delhi.

    Surtout sachant que cela se produit grâce au Pakistan — le voisin le plus problématique de l'Inde.

    L'information rapportée par le quotidien India Today n'a pas été confirmée officiellement. Le quotidien se réfère à une source du renseignement national. Il s'agit du fait que la flotte sous-marine chinoise pourrait obtenir des ports amis dans le nord-est de l'océan Indien.

    Selon le quotidien, le sous-marin chinois est entré dans le port dès le mois de mai. Il est resté à Karachi pendant une semaine pour faire le plein et se réapprovisionner. Il est question de l'un des sous-marins diesels chinois les plus modernes de classe Yuan, doté d'un système de propulsion anaérobie (indépendant de l'air extérieur) qui lui permet d'effectuer de longues traversées sans remonter à la surface. L'apparition du sous-marin à Karachi a sérieusement alarmé les experts de la sécurité du ministère indien de l'Intérieur.

    L'escale du sous-marin chinois au port pakistanais n'est qu'un des épisodes du grand jeu stratégique de la Chine pour assurer sa présence dans l'océan Indien. La Chine cherche à sécuriser les axes de son commerce maritime avec les pays d'Europe et, surtout, de l'importation pétrolière en provenance d'Iran et des pays du Golfe. Ces voies maritimes cruciales pour la sécurité nationale chinoise passent par l'océan Indien et sont très vulnérables.

    Dans la nouvelle doctrine militaire de la Chine (Livre blanc) rendue publique le 26 mai, il est noté qu'à mesure de la croissance économique de la Chine, ses intérêts nationaux changent également. Désormais, cela concerne divers facteurs globaux comme la menace du terrorisme international, les épidémies mondiales ou le problème de la piraterie dans l'océan qui exercent une influence croissante sur ces intérêts. Entre autres, selon les stratèges chinois, cela signifie la nécessité d'accorder davantage d'attention à la sécurité des voies maritimes. Pour remplir cette tâche, la marine chinoise, conformément à la doctrine, commence à renoncer progressivement à la défense côtière exclusive et comprendra des éléments de "protection des mers ouvertes", en d'autres termes — développer la flotte océanique. Toutefois, il existe une difficulté: l'absence de l'infrastructure logistique, c'est-à-dire de bases navales chinoises dans l'océan Indien.

    Pour y remédier, la Chine entreprend diverses démarches qu'il convenu d'appeler la "stratégie du collier de perles". Il s'agit d'une construction intensive par la Chine de l'infrastructure portuaire des pays mouillés par l'océan Indien.

    Aujourd'hui, en collaboration avec des investisseurs chinois, on procède à la construction ou à une reconstruction substantielle des ports comme Gwadar pakistanais, Colombo et Hambantota au Sri Lanka ou encore Kyaukpyu en Birmanie. La question de savoir dans quelle mesure les ports construits en coopération avec la Chine peuvent être exploités en tant que de bases militaires continue de diviser les experts.

    Premièrement, la construction de telles bases nécessite une infrastructure spécifique et très coûteuse (or il n'y a toujours aucune confirmation concrète). Deuxièmement, on ignore comment avec le niveau technologique actuel de ses forces armées, la Chine pourra défendre ces bases se trouvant à plusieurs milliers de kilomètres de son territoire. Néanmoins, soulignent les observateurs indiens, les sous-marins chinois ont déjà fait cette année deux escales au port de Colombo au Sri Lanka, ce qui a également préoccupé New Delhi. Il n'est pas encore question d'une domination écrasante, qui plus est d'actions agressives de la Chine. Le fait est que l'Inde, en principe, est sérieusement préoccupée par l'apparition de nouvelles forces militaires dans un océan qu'elle s'est habituée à considérer comme sien. De plus, la marine indienne en l'occurrence s'y retrouve plutôt comme observateur, étant incapable de développer une activité stratégique de telle ampleur.

    Mais en dépit du ton alarmiste des publications et de l'activité effectivement accrue de la Chine dans l'océan Indien, il est probablement trop tôt pour parler d'une grave détérioration des relations entre l'Inde et la Chine.

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    Tags:
    océan Indien, Chine, Pakistan, Inde
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