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    Un avion militaire Airbus A400M s'atterrit pendant un vol d'essai à l'aéroport de Séville, le 12 mai 2015

    Airbus A400M: une source de problèmes infinie

    © REUTERS / Marcelo del Pozo
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    Le processus de développement tortueux de l'avion de transport A400M a été prolongé une fois de plus après que le ministère allemand de la Défense a admis avoir identifié de nouveaux problèmes techniques. Sa date de livraison est maintenant remise en doute.

    La liste des défauts des équipements de l’avion militaire Airbus A400M a été prolongée après que les techniciens allemands ont découvert que les gigantesques moteurs de cet appareil étaient défectueux.

    L’Airbus A400M est doté de quatre turbopropulseurs TP400-D6, fabriqués par la société Europrop International.

    Le journal allemand Bild a rapporté que certains mécanismes des moteurs ne pouvaient pas faire face à des températures extrêmes, tout en soulignant que des pièces présentaient des "défauts matériels".

    Il s’agit, notamment, des engrenages au sein des réducteurs qui forment une partie cruciale des turbopropulseurs. Le défaut de la construction de 14 de ces engrenages ont provoqué leur usure prématurée. De ce fait, des copeaux de métal ont contaminé le système d'huile ce qui a provoqué les pannes des moteurs.

    Ces mécanismes ont été fabriqués par la société italienne Avio Aero, appartenant au géant américain General Electric.

    Le journal allemand a également affirmé qu’à cause de ce défaut l'un des moteurs d’un A400M britannique avait arrêté de fonctionné en plein vol.

    Le développement de l’avion de transport à quatre turbopropulseurs, conçu par Airbus avion est devenu une saga d’échecs et de défauts. Initialement, son principal problème était sa masse excessive qui rendait cet avion incapable de réaliser son principal objectif à savoir transporter des véhicules blindés lourds.

    En mai 2015, un A400M destiné aux forces aériennes turques s’est écrasé pendant un vol d'essai en Espagne. Tout à coup, trois des quatre moteurs de l’avion ont presque arrêté de fonctionner. Cet accident a coûté la vie à quatre des six membres de l'équipage.

    Les experts ont rapidement découvert la cause du crash qui était dû à une erreur du logiciel de l’avionique sophistiquée, plus précisément du système numérique de contrôle complet du moteur (Full authority digital engine control, FADEC). Ce système est en mesure, notamment, de contrôler la consommation de carburant et la poussée des moteurs.

    De nombreux défauts ont fait gonfler le budget du projet de cet aéronef à un montant énorme, actuellement plus de 20 milliards d'euros, selon Defense Industry Daily. Il est vite devenu clair que le projet ne serait pas rentable sans les ventes à des pays non-membres de l'Otan. Seul problème: les retards constants, suite aux imperfections de construction, poussent de nombreux clients potentiels, comme l'Afrique du sud, ont commencé à chercher d’autres alternatives ou même à poursuivre Airbus pour toucher des compensations.

    Pour le moment, 174 avions ont été commandés par différents pays mais uniquement 21 ont été livrés.

    L'idée de créer un avion de transport lourd paneuropéen est apparue en 1982. L'A400M a finalement effectué son premier vol en 2009, mais le premier appareil n’a été livré à l’armée de l’air française qu’en août 2013. Les Allemands ont obtenu leur premier avion un an plus tard.

    Le TP400 est le deuxième turbopropulseur le plus puissant du monde après le NK-12 russe, qui est installé sur les bombardiers stratégiques Tu-95 depuis plus de 50 ans.

    Le sort de l'A400M est encore plus regrettable, car il était prévu à prendre une part de marché importante à l’avion américain Lockheed Martin C-130 Hercules et même à faire concurrence aux monstres russes tels que l'An-70, l'Il-76 et l’An-124.

    Toutefois, selon le bureau d’études Antonov, l’An-70, le plus grand transporteur russe, est plus efficace en termes de consommation de carburant et possède une autonomie accrue de 3.000 km (contre 2.000 km pour l’A400M). En outre, il ne suffit que de 700 mètres pour que l’An-70 décolle, tandis que son homologue européen a besoin d’une piste de 900 mètres de long.

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    moteur, avions militaires, transports, aviation, avions, An-70, Airbus A400M Atlas, General Electric, Europrop International, Armée de l'air française, Airbus Group, Airbus Defence and Space, OTAN, Union européenne (UE), Espagne, Europe, France, Allemagne
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