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    Le missile balistique soviétique SS-18 Satan

    Les technologies du SS-18 Satan soviétique, cadeau inattendu de l'Ukraine à la Chine

    © Photo. Ministry of Defence of the Russian Federation
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    Grâce aux technologies fournies par l'Ukraine, la Chine s'emploie à élaborer son Dongfeng 41 (DF-41), proche du missile soviétique Voevoda, connu sous le code Otan SS-18 Satan, l'un des missiles les plus puissants du monde. Sputnik étudie l'affaire.

    Tandis que la Chine a réalisé un nouveau test le 12 avril dernier, les Etats-Unis suivent de près l'élaboration du missile, vivement préoccupés par les fruits de la coopération sino-ukrainienne, indique l'agence chinoise Sina. Et il y a de quoi s'énerver vu que le missile que la Chine s'apprête à mettre en place ressemble bien au Satan soviétique, étant construit sur la base des technologies soviétiques fournies par l'Ukraine.

    Selon des experts américains de la Défense, 150 Satan sont capables de détruire 65% des bases de missiles américains, alors que deux missiles de ce type peuvent réduire en ruines les métropoles japonaises. En théorie, le Dongfeng 41 pourrait même traverser le Pacifique et frapper des villes comme San Francisco et Los Angeles… Donc, on comprend mieux pourquoi les Etats-Unis ont toujours redouté que les technologies en question tombent entre les mains de la Chine.

    On ne peut pas considérer le DF-41 comme analogue à chaque missile élaboré à l'époque soviétique en Ukraine. Mais on a toutes les raisons de penser que la Chine a obtenu une grande partie des technologies du SS-18 Satan du constructeur ukrainien de missiles Ioujmach et du bureau d'études Ioujnoïe, explique l'expert militaire russe Vassili Kachine dans un entretien à Sputnik.

    Que sait-on au juste sur les différences entre le SS-18 Satan et le DF-41? Le Satan, l'un des missiles soviétiques les plus connus élaborés en Ukraine et le plus grand missile jamais développé, est un missile à propergol liquide d'une portée comprise entre 11.200 et 16.000 km qui a une masse de 211 tonnes, est haut de 34,3 mètres avec sa charge nucléaire et a un diamètre de 3,05 mètres. Tiré depuis un silo, le Satan comporte deux étages et ses moteurs brûlent des ergols liquides stockables.

    Le missile chinois représente quant à lui un missile balistique intercontinental à propergol solide ayant d'ailleurs des variantes mobiles — ferroviaire et sur un véhicule à roues.

    C'est probablement une autre réalisation du constructeur ukrainien qui est plus proche du DF-41 chinois, le SS-24 Scalpel, estime l'interlocuteur de Sputnik. C'est un missile à propergol solide, à trois étages, capable d'emporter plusieurs têtes (jusqu'à dix ogives) qui suivent chacune leur trajectoire lors de leur entrée dans l'atmosphère.

    Le DF-41 devrait être livré à l'armée chinoise d'ici 2020. A cette date, la Chine aura achevé la mise en place de son système de satellites Beidou, qui lui permettra de réaliser des attaques nucléaires de haute précision. Ces innovations s'expliquent par la préoccupation de la Chine de ne pas disposer d'armes nucléaires de riposte en cas d'attaque. Les ingérences subies par ce pays aux XVIIIe et XIXe siècles continuent d'influer sur la politique à l'égard des grandes puissances qu'elle mène à l'heure actuelle.

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    missiles, technologies, Voevoda (missile lourd), bureau d'études Ioujnoïe, Ioujmach, URSS, États-Unis, Chine, Ukraine
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