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    Les loups solitaires ont changé les espions en analystes

    © Sputnik . Philippe Put
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    Le problème essentiel des services de sécurité au 21e siècle est leur bureaucratisation.

    Dans une interview accordée à Sputnik, le professeur de la faculté de la politique international et de sécurité de l'Université Union de Belgrade (Serbie), Goran Matich, a fait remarquer que les informations que l'on trouve sur Internet ne remplaceront jamais les renseignements que les espions peuvent récolter.

    D'après le professeur, il n'est plus difficile de trouver de l'information: c'est plutôt comment la traiter et la suivre qui pose problème. Par exemple, lorsque l'agent du FBI a reçu des informations sur les attaques du 11 septembre à New York, il les a transmises en utilisant ses propres voies de communication. Ces informations ont atteint leur destinataire deux ans après les horribles évènements. Ce phénomène, dans le milieu des services de sécurité, s'appelle "le syndrome du loup solitaire" qui sous-entend que si une personne possède de l'information, il n'est pas capable de la transmettre à cause de la bureaucratisation de la structure.

    "C'est un problème du 21e siècle, aujourd'hui on a une bureaucratisation très stricte des services, d'autre part, trop d'information, et avec des ressources étrangères qui s'occupent du traitement et du choix de l'information à un niveau assez modeste," souligne M.Matich.

    Voici pourquoi il considère que le futur des services de sécurité se cache dans le perfectionnement du domaine du traitement de l'information. Selon l'expert, il est normal de garder le travail des services de sécurité secret, puisque sinon, sa méthodologie risque d'être délivrée, ce qui peut provoquer sa vulnérabilité. Aucun terroriste n'attaquera de la même manière, puisque cela faciliterait le travail de l'Etat et des structures de sécurité. Le seul problème, pour ces services, est lorsque l'attaque est effectuée par une seule personne, sans aucune organisation externe, comme c'était le cas à Nice. Il est plus compliqué de suivre une personne seule, puisque on ne sait jamais ce qui se passe dans sa tête.

    M. Matich est certain que l'attaque à New York a changé l'approche du terrorisme et sa définition: si avant le terrorisme était considéré comme une menace criminelle, maintenant cette qualification s'est transformée en menace de guerre. Voici pourquoi, plusieurs services de sécurité ont subi une transformation de services classiques d'espionnage en services de collecte et de traitement des informations. Cependant, la méthodologie est plus compliquée aujourd'hui et moins claire. Selon Goran Matich, ce fait enfante le problème du nombre d'informations qui, contrairement au passé, est mesuré en milliards et non en dizaines de milliers.

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    Tags:
    services de sécurité, sécurité, terrorisme, contre-espionnage, espionnage, Nice, New York, États-Unis
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