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    Des soldats portent un drapeau européen.

    Quels intérêts l’armée européenne servira-t-elle?

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    Défense
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    Le Parlement européen a voté mercredi en faveur de la création d’une armée européenne. Plus de 60 000 personnes ont déjà signé une pétition contre l’initiative, présumant que cette dernière ne servira les intérêts que d’un groupe limité de militaristes et finira par déboucher sur une course aux armements avec les États-Unis.

    La mise en place du projet d'armée européenne commencera par une étude prévue sur une période comprise entre 2017 et 2020. Ce programme, évalué à entre 50 et 100 millions d'euros, pourrait précéder à une recherche plus importante couvrant 2021-2027 et dont les coûts s'élèveront à 3,5 milliards d'euros.

    Or, certains experts considèrent que les perspectives que le projet voit le jour sont minces : les pays membres de l'Union européenne versant d'ores et déjà malaisément leurs cotisations à l'Otan. En outre, l'idée même n'est pas très populaire parmi les membres du bloc, explique Rodney Atkinson, académicien, politologue et économiste britannique.

    « Les pays d'Europe de l'Est tout comme ceux d'Europe du Nord préfèrent l'Otan. Et il me semble qu'en ce moment une réorientation est en cours : les Européens s'éloignent du système bureaucratique centralisé qui, en la personne de Jean-Claude Juncker, est l'une des forces motrices de la création de l'armée. Une série de changements constitutionnels et politiques sont en cours ce qui rend minces les chances de la création d'une armée UE », a-t-il indiqué dans un commentaire à Sputnik.

    Et d'ajouter que les bases sur lesquelles était fondée l'idée de la création de l'Union européenne sont en train de s'écrouler, estime-t-il, expliquant que l'euro traverse une catastrophe, le Royaume-Uni sort de l'UE, la Hongrie et d'autres membres du bloc construisent des murs pour limiter l'afflux de migrants, la menace terroriste pèse sur les États membres, sans oublier de citer le chômage.

    « Lorsqu'un système traverse la crise, l'attaque est la meilleure défense. Et la meilleure forme de défense et l'accumulation de la puissance militaire pour faire peur aux voisins. Et c'est ce que nous sommes en train de voir. Permettez-moi de citer Henry Kissinger qui a récemment fait une intervention à Moscou. Alors, il a dit que la force des chocs globaux avait surpassé celle de la sagesse politique des États. Et, comme il a noté à juste titre, il n'est pas étonnant que Moscou perçoive les démarches stratégiques de l'Occident en tant que menace », a poursuivi M. Atkinson, avant d'attirer l'attention sur le fait que l'un des plus grands experts en relations internationales déclarait que la menace émanait de l'Occident.

    Pour lui, l'idée même d'armée européenne était un non-sens, la rhétorique de l'Europe et l'élargissement veurs l'Est étant des démarches agressives.

    Si vous regardez l'histoire de la Russie, Moscou a eu à se défendre contre la Lituanie, la Pologne et l'Allemagne. Or, si l'on regarde le Royaume-Uni, elle a mené des guerres à travers le monde est c'est perçu comme normal. « Ce qui n'est pas normal c'est que nous avons cédé face à la paranoïa et nous nous sommes inventé un ennemi. Si on vivait dans un monde civilisé et comprenions la situation géopolitique ceci ne se serait jamais produit », a conclu l'expert.

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    Tags:
    armée, Parlement européen, OTAN, Union européenne (UE), Jean-Claude Juncker, Henry Kissinger, Europe, Russie
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