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    Le ministère russe des Affaires étrangères

    Traité FNI: «la responsabilité pour un éventuel démantèlement incombera à Washington»

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    Les États-Unis mettent le cap sur le démantèlement du Traité FNI, l'un des piliers du système de contrôle des armements dans le monde, mais ils n'arriveront pas à en rejeter la responsabilité sur la Russie, a constaté le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

    Washington cherche un prétexte pour détruire le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), a déclaré ce mardi Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, en évoquant les sanctions décrétées par Washington contre deux sociétés russes.

    «Il semble que les États-Unis optent pour la destruction du Traité FNI et cherchent un prétexte. Toutefois, ils ne réussiront pas à en rejeter la responsabilité sur la Russie», a-t-il affirmé dans un commentaire publié sur le site du ministère.

    «Washington continue de rejeter la faute sur les autres en nous accusant gratuitement de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Nous avons proposé plus d'une fois aux Américains de nous fournir quelque donnée que ce soit confirmant leurs déclarations infondées. Toujours rien, même à la réunion de la semaine dernière de la commission de contrôle du Traité. Au lieu de cela, Washington a annoncé le 19 décembre l'introduction de sanctions contre deux sociétés russes», a poursuivi Sergueï Riabkov.

    Il a toutefois fait remarquer que la Russie avait déjà l'habitude des sanctions.

    «Les États-Unis en introduisent avec entrain contre nous depuis presque quatre ans, tandis que l'économie et la puissance militaire russes ne font que croître. Les illusions de certains politiciens américains qui pensent nous intimider font ressortir leur entière ignorance de la Russie et témoignent de leur politique à court terme», a-t-il souligné.

    «Mais nous sommes préoccupés par autre chose […] Nous avons cité à plusieurs reprises les violations américaines évidentes du Traité, notamment le déploiement dans une base militaire en Roumanie de systèmes lanceurs de missiles de croisière Tomahawk, ce qui est interdit. La responsabilité pour un éventuel démantèlement, à l'issue de telles actions irresponsables, de l'un des piliers du système du contrôle des armements incombera à Washington», a-t-il noté pour conclure.

    Le département américain du Commerce a inscrit sur sa «liste noire» deux sociétés russes déployant leurs activités dans l'industrie militaire, le Bureau d'études Novator et le Centre d'études et de production Titane-Barricades, affirmant qu'elles fabriquent des systèmes de missiles de croisière basés à terre dont la portée serait interdite par le Traité FNI.

    Signé le 8 décembre 1987 par le Président américain Ronald Reagan et le secrétaire général du Parti communiste Mikhaïl Gorbatchev, le Traité INF visait à détruire en trois ans les missiles d'une portée de 500 à 5.500 km. En mai 1991, les conditions prévues par l'accord ont été remplies: l'Union soviétique a détruit plus de 1.700 missiles balistiques et de croisière basés au sol, et Washington s'en est débarrassé de 859. Conclu à durée indéterminée, le Traité permet à chacune des parties de le quitter en justifiant l'indispensabilité de son geste. Ces 30 dernières années, Moscou et Washington ne cessent d'échanger des piques, s'accusant l'un et l'autre de violer le document et menaçant de le quitter.

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    missiles, sanctions antirusses, Tomahawk, Sergueï Riabkov, Roumanie, Washington, États-Unis, Moscou, Russie
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