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    Brise-glace nucléaire, Arktika

    Quels sont ces dispositifs dernier cri que la Russie déploie en Arctique?

    © Sputnik. Roman Denisov
    Défense
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    Nadine Gordienko
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    Ayant proclamé la défense de ses frontières en Arctique comme l’une de ses priorités dans le domaine de la sécurité nationale, la Russie envisage de renforcer ses positions dans cette région. Voici un aperçu des équipements militaires russes adaptés aux conditions nordiques qui serviront cet objectif.

    Protéger ses frontières en Arctique et explorer cette région constituent des priorités dans le domaine de la sécurité nationale de la Russie, laquelle avance rapidement dans la mise en œuvre de ces projets: ses militaires entraînent des unités spéciales, construisent des bases, tiennent des exercices réguliers, et modernisent l'équipement pour les conditions nordiques extrêmes.

    «La Russie retourne en Arctique sérieusement et pour longtemps. La Flotte du Nord continuera à être renforcée sur les îles et les archipels de l'Arctique russe»», a déclaré mercredi le commandant de la Flotte du Nord l'amiral Nikolaï Evmenov, confirmant ainsi les projets de Moscou qui consistent à renforcer sa position sur les îles de l'Arctique.

    Quels sont donc les dispositifs par lesquels la Russie s'apprête à explorer et à assurer la sécurité en Arctique?

    À travers et sous la carapace de glace: les plus puissants brise-glace nucléaires, Arktika, Sibir et Oural

    La Russie construit des brise-glace nucléaires qui seront les plus grands et les plus puissants au monde.
    À l'été 2016, la Russie a mis à l'eau l'Arktika, l'un des trois brise-glace du projet 22220 destinés à renouveler la Flotte russe de brise-glace nucléaires. Le troisième brise-glace, l'Oural, est toujours en cale sèche. Ces deux navires seront mis en exploitation respectivement à la mi-2019 et en novembre 2021.

    Le troisième navire de ce groupe, le brise-glace nucléaire Sibir, a été mis à l'eau dans les chantiers navals de la Baltique, à Saint-Pétersbourg en septembre dernier. Les travaux de construction du Sibir seront achevés d'ici novembre 2020.

    Les brise-glace de cette série sont capables de briser la glace jusqu' à 3 mètres d'épaisseur et sont destinés à conduire des convois maritimes transportant essentiellement les hydrocarbures extraits par la Russie dans la mer de Kara vers les marchés des pays de la région Asie-Pacifique. Le navire est conçu pour être exploité tant dans les eaux arctiques qu'aux embouchures des fleuves polaires.

    Comme l'indique le portail consacré aux questions de défense, ces brise-glace seront capables de fonctionner sans recharge pendant environ sept ans.

    Brise-glace du futur «Leader»

    Dans le cadre de la rénovation de la Flotte du Nord, la construction d'un autre brise-glace, le «Leader», est également prévue. Comme il l'implique son nom, ce navire est censé dépasser par ses caractéristiques les autres modèles, qu'il s'agisse de l'Arktika, de l'Oural ou encore du Sibir.

    Il est envisagé que les brise-glace de ce type sauront assurer le fonctionnement du transport sur tout le périmètre de l'océan Arctique car ils seront capable de briser la glace jusqu'à quatre mètres d'épaisseur.

    «Le brise-glace Leader est une percée colossale dans l'Arctique. C'est tout simplement fantastique. […] Il est capable de mener des navires faisant jusqu'à 170 tonnes avec une vitesse de 12 nœuds dans des glaces de deux mètres d'épaisseur», a commenté pour la chaîne Zvezda le directeur général de l'usine baltique de construction navale, Alexeï Kadilov.

    La fin de travaux est prévue pour le 2024.

    Hélicoptère Mi-8AMTCh-VA «Terminator arctique»

    Hélicoptère polyvalent Mi-8
    © Sputnik. Host photo agency/Vladimir Astapkovich
    Pour assurer la sécurité dans l'espace aérien, la version modifiée de l'hélicoptère Mi-8AMTCh-V connue également sous le nom de «Terminator arctique» a été conçue. Cette machine a été fabriquée pour fonctionner dans des conditions climatiques inférieures à —40ºC et de mauvaise visibilité.

    Comme l'indique le portail Defense.ru, cette machine servira d'hélicoptère de transport pour les troupes russes de l'Arctique. Elle fournira également une couverture aérienne et effectuera des opérations de sauvetage dans l'océan Arctique.

    Véhicules tout-terrain

    Si le Terminator arctique est censé de servir «taxi aérien», pour se déplacer dans les neiges infinies qui s'étalent au-delà de la ligne de l'horizon et dans les conditions de la toundra, les véhicules tout terrain, comme DT-10PM et DT-30PM viendront en aide aux militaires déployés au sol.

    La faible pression unitaire sur le sol permet à ces véhicules de surmonter facilement tous les obstacles. Ni les marécages, ni les réserves d'eau ne les arrêtent. De plus, ces machines sont capables de fonctionner correctement dans une fourchette de températures comprises entre +40ºC et —50ºC.

    Ils supportent sans difficultés le poids du chargement et des passagers.

    De plus, la version modernisée arctique du véhicule blindé de transport de personnel BTR-82A est destinée à fonctionner dans les conditions nordiques extrêmes.

    Le véhicule à roues peut aussi bien surmonter les marais, les zones littorales et une couche de neige allant jusqu'à 60 cm d'épaisseur. L'équipage et le personnel de débarquement se composent respectivement de trois et sept soldats.

    Comme l'a indiqué précédemment le quotidien Izvestia en donnant les caractéristiques de BTR-2, il n'y a que l'armée russe qui possède à ce jour ce genre de véhicules arctiques.

    Défense arctique Tor et Pantsir

    La question de la défense antimissile est également d'actualité. Ainsi, en 2015, deux régiments d'artillerie antiaérienne, équipés de systèmes antimissiles S-400 ont été déployés en Arctique.

    À ce jour, les systèmes Tor-M2DT et Pantsir-SA sont venus aux S-400.

    Le Tor-M2DT représente la version arctique du système de missiles sol-air à courte portée Tor-M2. Il est basé sur le châssis chenillé du véhicule tout-terrain DT-30 Vitiaz. Le système peut simultanément tirer ses 16 missiles sur quatre cibles aériennes à une distance couvrant 12km.

    De son côté, le système sol-air de portée courte à moyenne Pantsir-SA est une version arctique du Pantsir-S qui reste opérationnelle jusqu'à —50°C, selon ses constructeurs de l'usine de Toula. Le modèle modernisé peut simultanément tirer sur quatre cibles à une distance de 20km grâce au nombre de lanceurs de missiles augmenté de 12 à 18.

    Uniforme arctique dernier cri

    Pour que le service militaire dans les conditions nordiques extrêmes soit au maximum confortable, un uniforme dernier cri a été également conçu pour protéger des militaires des températures polaires.

    Cet uniforme permet de se mouvoir dans l'eau glacée sans être mouillé. Si auparavant le contact avec l'eau dans les conditions arctiques pourrait être fatal, aujourd'hui, les militaires ont toutes leurs chances de ne même pas attraper froid!

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    Tags:
    militaires, uniformes, défense, matériels de guerre, armements, Arctique, Russie
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