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    Le croiseur Pierre le Grand

    «Seigneurs des mers»: les navires les plus puissants du XXe siècle

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    Dans les batailles navales des deux guerres mondiales, les cuirassés blindés étaient appelés à porter les frappes principales.

    Les plus grands représentants des cuirassés blindés transportaient à leur bord des dizaines d'armes de différents calibres. Cependant, avec l'évolution de l'aviation, ils ne pouvaient plus faire face aux bombardiers et aux torpilleurs ennemis, et ils ont été progressivement remplacés par des croiseurs lance-missiles plus rapides et manœuvrables. Zoom sur les cinq navires les plus lourdement armés du XXe siècle.

    Calibre impérial

    Le cuirassé japonais Yamato est le plus grand navire construit pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce géant de près de 250 m de long et d'un déplacement d'eau de plus de 70.000 t est entré en service dans la marine impériale en 1941. Les Japonais ont tout fait pour en faire une véritable forteresse flottante.

    Le cuirassé japonais Yamato
    © AP Photo /
    Le cuirassé japonais Yamato

    Les armes principales du Yamato étaient ses neuf canons de 460 mm capables d'éliminer une cible avec des projectiles de 1,5 t à une distance de 42 km. Le cuirassé disposait également de quatre tours à triple canon de 155 mm, de douze canons doubles de 127 mm et de 150 canons antiaériens de 25 mm.

    Cependant, les marins japonais n'ont pas pu utiliser tout cet arsenal: le Yamato a sombré en avril 1945 en mer de Chine orientale alors qu'il se rendait à Okinawa pour parer le débarquement américain. Le navire japonais a été attaqué par presque 300 avions. Les attaques se succédaient: une dizaine de torpilles et autant de bombes ont atteint le cuirassé, dont l'agonie s'est terminée par une puissante explosion quand il a chaviré sur son flanc gauche et que les 500 t d'explosifs dans les compartiments de poudre du calibre principal ont détoné. Pratiquement tout l'équipage du navire — 2.500 marins — a péri avec le Yamato.

    Le croiseur Bismarck

    Le croiseur de ligne allemand Bismarck a été mis à l'eau en février 1939. Ce navire a été pensé comme un raider océanique avec pour mission de rechercher des navires de guerre et de transport, ainsi que d'empêcher les communications de l'ennemi.

    Le croiseur de ligne allemand Bismarck
    © AP Photo /
    Le croiseur de ligne allemand Bismarck

    Le Bismarck embarquait huit canons de 380 mm comme calibre principal, douze canons auxiliaires de 150 mm et des armes d'artillerie antiaérienne. Toutes les tours du calibre principal portaient un nom: Caesar et Dora à l'avant, Anton et Bruno à l'arrière. Le système de contrôle de feu du cuirassé était l'un des meilleurs au monde, et les immenses projectiles perçaient un blindage de 350 mm à une distance de 20 km. Avec un déplacement d'eau de 50.000 t, le Bismarck développait une vitesse record pour les navires de cette classe de 30 nœuds.

    Le cuirassé a effectué sa première et dernière sortie en mer le 18 mai 1941. En binôme avec le croiseur lourd Prinz Eugen, il avait pour mission de détruire un convoi britannique dans l'océan Atlantique. Cependant, les Anglais ont réussi à découvrir les plans du commandement allemand et ont envoyé une flotte entière à leur rencontre. Dans le détroit du Danemark, le Bismarck est tombé nez à nez avec le fleuron de la marine britannique, le croiseur Hood, et a réussi à le faire couler avec l'artillerie de bord. Sérieusement endommagé, le navire allemand a tenté de se rendre au port français de Saint-Nazaire pour réparation, mais n'a pas réussi à rejoindre sa destination. Le cuirassé a été rattrapé par les Anglais à 700 milles de la côte, qui ont lancé une attaque navale et aérienne. Après quelques heures de résistance, le Bismarck a coulé avec son équipage.

    Le Pierre le Grand et sa propulsion nucléaire

    Vingt lance-missiles antinavires P-700 Granit, des systèmes antiaériens Kinjal, Osa-M et des systèmes de longue portée S-300F, des canons d'artillerie Kortik et AK-630, des torpilles anti-sous-marines de 533 mm Vodopad, des lance-roquettes et un double canon automatique AK-130: le croiseur Pierre le Grand embarque un arsenal qui suffirait pour une petite armée.

    Le croiseur Pierre le Grand
    © Sputnik . The Norwegian Armed Forces
    Le croiseur Pierre le Grand

    Les navires du projet 1144 Orlan ont été créés pour détruire des groupes aéronavals ennemis, des cibles isolées et groupées, ainsi que protéger les groupes navals contre les attaques sous-marines et aériennes. En tout, quatre navires de cette classe ont été construits. Actuellement, le Pierre le Grand est l'unique représentant du projet Orlan au sein de la marine russe.

    Le second croiseur, Amiral Nakhimov, subit une profonde modernisation qui s'achèvera en 2021. Ce sont les Orlan qui devraient recevoir en premier lieu les futurs missiles hypersoniques Tsirkon. Cette arme antinavire est hors d'atteinte pour la DCA contemporaine de tout ennemi éventuel.

    Armé jusqu'aux dents

    Les croiseurs américains de classe Ticonderoga sont considérés à juste titre comme les navires les plus armés du monde: ils peuvent embarquer jusqu'à 122 missiles de différentes classes: SM-2, SM-6 et SM-3, RIM-17 Sea Sparrow Tomahawk et des missiles anti-sous-marins ASROC. Pour faire face aux navires ennemis, il est équipé de huit vecteurs de missiles Harpoon et de deux triples tubes à torpilles de 324 mm. Le croiseur est protégé contre les attaques aériennes par des mitrailleuses de 20 mm Phalanx. De plus, le navire possède deux canons d'artillerie de 127 mm Mk45.

    Les Ticonderoga ont été mis en service dans la marine américaine au début des années 1980, et sont toujours sa force d'attaque principale. 22 des 27 navires construits sont en service. Chacun est muni du système d'information et de contrôle Aegis. L'équipage compte 387 marins et 33 officiers. Le croiseur est capable de franchir jusqu'à 3.300 milles à une vitesse maximale de 30 nœuds. Les Ticonderoga sont des navires de guerre universels qui opèrent aussi bien de manière autonome qu'au sein d'un groupe aéronaval d'attaque.

    La terreur des porte-avions

    Le croiseur de garde russe Moskva du projet 1164 Atlant embarque 16 missiles antinavires supersoniques P-1000 Voulkan qui éliminent des cibles navales dans un rayon de 700 km. La défense antiaérienne du croiseur est assurée par huit systèmes antiaériens S-300F Fort avec une réserve de munitions de 64 missiles. Pour lutter contre les cibles aériennes à courte portée, le Moskva dispose de deux lance-roquettes antiaériens Osa-M et de 40 missiles pour ces derniers. L'artillerie est représentée par un double canon AK-130 de 130 mm.

    Le Moskva est considéré comme le navire qui participe au plus grand nombre d'opérations dans la marine russe. En août 2008, le croiseur a surveillé la côte géorgienne pendant le conflit. Il a également rempli plusieurs missions au sein du groupe naval permanent en Méditerranée.

    Le croiseur de garde russe Moskva du projet 1164 Atlant
    © Sputnik . Vitaliy Ankov
    Le croiseur de garde russe Moskva du projet 1164 Atlant

    Pour sa participation à l'opération syrienne, le fleuron de la flotte de la mer Noire a reçu l'ordre de Nakhimov. La marine possède deux autres navires de cette classe: le Maréchal Oustinov qui sert dans la flotte du Nord et le croiseur Variag qui protège la frontière Est du pays.

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    marine, porte-avions, croiseur, croiseur lance-missiles, navires, Kinjal (canon antiaérien de marine), P-700 Granit (missile), Moskva (croiseur lance-missiles), Yamato, Piotr Veliki, Seconde Guerre mondiale, États-Unis, Allemagne, Russie, Japon
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