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    «La Main morte» russe serait-elle efficace en cas de conflit nucléaire avec les USA?

    © Sputnik . Ruslan Krivobok
    Défense
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    Si les États-Unis déploient en Europe leurs missiles, la Russie pourrait renoncer à la doctrine des représailles pour passer à celle de la frappe préventive, estime un ancien haut responsable militaire. Il explique que les systèmes russes de dissuasion nucléaire sont aujourd’hui destinés à riposter à une agression, et non pas à attaquer en premier.

    Le système russe de gestion de frappe nucléaire, connu sous le nom de «Main Morte», pourrait perdre de son efficacité après la sortie des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), estime Viktor Iessine, ancien chef de l'État-major général des forces des missiles stratégiques russes. Dans une interview accordée à la chaîne russe Zvezda, l'ex-responsable militaire a évoqué un éventuel scénario d'une attaque contre la Russie.

    La «Main morte», de son vrai nom, Périmètre, a été modernisée et est opérationnelle, a indiqué le colonel-général. «Or, quand elle se mettra en marche [pour riposter, ndlr], nous aurons déjà peu de moyens, nous ne pourrons lancer que les missiles qui auront tenu après la première frappe de l'agresseur», élabore-t-il.

    Selon l'ex-militaire, cette menace pourrait apparaître si, après leur retrait du FNI, les États-Unis déploient des missiles à portée intermédiaire en Europe. Ces systèmes seraient en mesure de détruire la majorité des missiles dans la partie européenne de la Russie.

    Dans cette optique, la Russie «n'aura pas d'autre choix que de renoncer à la doctrine des représailles pour passer à celle de la frappe préventive» et de se lancer dans la production de missiles à portée intermédiaire, a affirmé le colonel-général.

    «Mais essentiellement, de la façon dont je me le représente, nous serons contraints d'augmenter les moyens de défense hypersoniques, pour répondre immédiatement à l'adversaire», a-t-il poursuivi. Et d'ajouter: «Plus les armes dont on dispose sont redoutables, moindre est la probabilité d'un conflit militaire».

    Donald Trump avait précédemment annoncé que les États-Unis prévoyaient de sortir du Traité FNI sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, signé en 1987 par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan. Le document en question abolissait l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres.

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    conflit, Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), nucléaire, Victor Iessine, États-Unis, Russie
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