Ecoutez Radio Sputnik
    un porc noir

    Porc de guerre: des morceaux de bacon sèment le chaos lors d'exercices de l'Otan

    CC0 / pixabay/StockSnap
    Défense
    URL courte
    21501

    Même une épidémie limitée de peste porcine, une maladie très contagieuse courante chez les porcs, pourrait coûter 240 millions de dollars à la Norvège, ont mis en garde les vétérinaires norvégiens.

    Dans les coulisses de Trident Juncture 18, le plus grand exercice de l'Otan sur le sol norvégien depuis les années 1980, se déroule un travail acharné visant à prévenir la propagation d'une épidémie de peste porcine, relate le quotidien Dagbladet.

    La sonnette d'alarme a été tirée après que les responsables militaires ont appris qu'un soldat étranger avait apporté dans le camp des morceaux de bacon qu'il avait pris de son pays d'origine, où la maladie fait rage.

    Suite à cette révélation, une équipe de vétérinaires triés sur le volet et de spécialistes de l'Autorité norvégienne de sécurité des aliments a travaillé d'arrache-pied pour que la Norvège ne soit pas affectée par la peste porcine africaine (PPA).

    Bien qu'elle n'affecte pas les humains, la PPA peut avoir des conséquences dévastatrices pour l'économie du pays concerné.

    «Juste pour illustrer à quel point les contrôles sont importants, il suffit de dire qu'une épidémie limitée de la PPA pourrait coûter à notre pays 2 milliards de couronnes norvégiennes (208 millions d'euros, ndlr). Malheureusement, il existe plusieurs exemples, comme en Moldavie, où la production de porc a complètement disparu suite à une épidémie», a indiqué au journal le colonel Per Leines Lausund.

    En tant qu'inspecteur vétérinaire des Forces armées norvégiennes, M.Lausund est devenu le chef de l'équipe de 45 experts, censés découvrir toutes les sources possibles d'infections au cours de les exercices de l'Otan. Au total, plus de 10.000 véhicules ont été inspectés par leurs soins.

    «Je ne veux pas révéler la nationalité du soldat qui a apporté les deux morceaux de bacon de son pays atteint par la peste porcine africaine», a souligné M.Lausund.

    Karen Johanne Baalsrud de l'Autorité norvégienne de sécurité des aliments a souligné que des aliments «illégaux» provenant de pays non membres de l'UE, notamment de la viande, du lait et des œufs, avaient été découverts lors d'une inspection conjointe à l'aéroport de Bodø avant le début des exercices.

    Tous les aliments confisqués ont été minutieusement examinés et aucune trace de la PPA n'a été découverte. Avant que les militaires puissent retourner en Norvège, tous les vêtements et véhicules ont été désinfectés.

    Auparavant, des épidémies de PPA se sont déclenchées dans de nombreux pays, notamment en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe (Portugal, France, Malte, Belgique et Pays-Bas, pour n'en nommer que quelques-uns). La maladie s'est récemment étendue aux pays baltes et aux Balkans.

    Comptant 50.000 soldats de plus de 30 pays, les exercices Trident Juncture, inspirés de la guerre froide, ont été les plus importants du genre depuis des décennies, suscitant la critique des autorités russes et les protestations des activistes norvégiens anti-guerre.

    Malgré les éloges de hauts responsables, l'exercice a été entaché d'une série d'incidents impliquant des collisions de véhicules militaires, des soldats fréquentant des pubs et déféquant dans des lieux publics et des plaintes de la population locale concernant des champs détruits par des véhicules militaires lourds. L'exercice a laissé un arrière-goût amer à la marine norvégienne, qui a perdu une frégate coûteuse dans une collision difficile à expliquer, avec un pétrolier.

    Lire aussi:

    Peste porcine africaine: les USA ont-ils fait un tour de cochon aux pays baltes?
    Matériels militaires gelés: l’ennemi inattendu de l’Otan en Norvège
    La frégate norvégienne disparaît sous l’eau après sa collision avec un pétrolier (vidéo)
    Tags:
    peste porcine africaine (PPA), exercices militaires, OTAN, Norvège
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik