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Une semaine après l’annonce de l’accord douloureux entre la France, l’Allemagne et l’Espagne sur le SCAF, projet franco-allemand d’avion de combat du futur, la Défense française a dévoilé la répartition des rôles entre les colosses militaro-industriels participant au projet, Dassault et Airbus, rapporte BFM TV.

La Direction générale de l'armement a révélé des détails concernant la répartition des «piliers» dans les travaux du projet emblématique franco-allemand du SCAF (Système de combat aérien du futur), relate BFM TV. À en juger par les éléments fournis durant la présentation, alors que Dassault sera responsable d’un seul «pilier», l’avion, Airbus se chargera de la moitié des autres aspects.

 Maquette du chasseur de nouvelle génération (NGF)
© AFP 2021 AFP PHOTO / MINISTERE DES ARMEES / VERONIQUE BESNARD
La construction sera composée de sept «piliers»: l'avion de combat de nouvelle génération (NGF), le moteur, les plateformes aériennes pilotées à distance et les missions habitées ou téléguidées, le cloud de combat, le laboratoire de simulation, les capteurs et technologies de furtivité. Pour chaque pilier existe un leader («prime»), l’industrie qui sera principalement en charge de la création de tel ou tel pilier et ses principaux partenaires.

Alors que le français Dassault est en charge d’un pilier seulement, celui de l'avion de combat de nouvelle génération, l’Allemand Airbus Defence and Space (ADS) l’est pour deux, le moteur et les plateformes aériennes pilotées à distance. Ensuite le pilier technologies de furtivité sera contrôlé par ADS SAU, la branche espagnole d'Airbus Defence and Space. Les capteurs seront pilotés par la société espagnole Indra et les autres piliers le seront communément par plusieurs acteurs. Compte tenu de cette information, l’équilibre de répartition des piliers peut en effet soulever des questions chez le géant français.

«Partenaires principaux»

Malgré un seul statut de leader, la France est nommée partenaire principal («main partner») pour d’autres éléments, notamment via le géant de l’aérospatiale Thales et le leader européen de la conception de missiles et de systèmes de missiles MBDA. Eva Portier, ingénieure générale de l’armement qui a présenté l’organisation industrielle du projet, citée par BFM TV, affirme qu’entre ces deux types de participants «un équilibre» a été atteint.

«Un pilote [industriel, ndlr] ne peut pas couvrir toute l'activité? Sur chaque pilier, un équilibre a été trouvé entre le leader et le partenaire principal en l'adaptant aux différents sujets», explique Eva Portier, dont les propos ont été repris par BFM TV.

Un accord douloureux

Après des semaines de tractations, un «accord équilibré» entre la France, l’Allemagne et l’Espagne concernant la prochaine phase du SCAF (la construction du démonstrateur), a été annoncé par les ministres de la Défense des trois pays le 17 mai. Un premier vol est attendu en 2027.

Ce projet, lancé au tout début du quinquennat d’Emmanuel Macron, en juillet 2017, en marge du Conseil franco-allemand de Défense et de Sécurité, a pourtant longtemps patiné, notamment à cause des questions de leadership industriel et de la propriété intellectuelle qui divisent le couple franco. Ainsi, bien qu’encore en octobre 2019 Berlin ait signé des accords avec Paris sur la répartition des tâches, début février 2021, la chancelière allemande s’est montrée insatisfaite quant à cette problématique, rappelle La Tribune.

Le SCAF est censé, dans quelques dizaines d’années, succéder aux fleurons de l’armée française, le Rafale de Dassault, et de l’armée allemande, l’Eurofighter, fruit de la coopération industrielle entre l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne.

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Tags:
Airbus Defence and Space, Système de combat aérien du futur (SCAF), Dassault Aviation
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