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    OUVERTURE DE LA "CHASSE" AUX COMPAGNIES RUSSES SUR LA PLACE BOURSIERE DE LONDRES

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    MOSCOU, 21 avril (par notre commentateur politique Vladimir Simonov). Il semblerait que les bourses des valeurs de Londres et de New York soient entrées en concurrence en matière de drainage des actions des compagnies russes.

    Or, il y a deux ou trois ans les investisseurs occidentaux fuyaient ces titres comme la peste bubonique. Pourtant, il y a quelques jours l'ambassade de Grande-Bretagne a mis sur pied un colloque spécial pour les hommes d'affaires russes et au cours duquel des financiers venus de la City londonienne ont fait valoir les avantages de leur bourse sur celle de New York. Ces avantages, ils existent réellement. L'ombre des grands scandales financiers qui ont éclaté aux Etats-Unis au cours de l'année écoulée ne plane pas sur elle et les restrictions frappant l'enregistrement des actions des entreprises étrangères sont moins strictes à Londres.

    Mais l'essentiel réside ailleurs. La Bourse des valeurs de Londres, dont le chiffre d'affaires dépasse celui de toutes les autres bourses du continent prises ensemble, a lancé une véritable "chasse" aux compagnies russes. Pour la première fois dans l'histoire, leurs actions sont demandées à Londres. Et très.

    Derrière cela il y a une chose simple et importante: un changement d'état d'esprit chez les investisseurs occidentaux, la nouvelle estimation qu'ils donnent à l'économie russe. La plus grande certitude que l'économie russe se requinque et que cet essor promet d'être stratégiquement durable délie les mains des plus grosses sociétés de commerce et d'investissement de l'Ancien et du Nouveau monde dont les dealers ont reçu l'ordre d'acheter les actions des consortiums russes les plus prometteurs.

    L'investisseur est un acrobate qui balance entre la hantise d'une erreur ruineuse et la séduction d'une opération rémunératrice. Dans le cas de la Russie, son petit doigt lui dit: le seuil du risque inacceptable est dépassé.

    "Dans notre bourse, la plupart des investisseurs sont des investisseurs institutionnels, parfaitement conscients des risques que comporte le placement d'argent dans des actions russes", dit le directeur de la stratégie et du développement à la Bourse des valeurs londonienne, Marc Bailey. Seulement maintenant ils envisagent le risque en fonction du rendement et quand il s'agit de la Russie, ce rendement est extrêmement élevé.

    La récente déclaration optimiste faite par Mikhaïl Kassianov semble avoir été la dernière impulsion qui a incité les acteurs boursiers occidentaux à passer des doutes à l'action. En effet, le premier ministre russe a déclaré qu'au cours du premier trimestre la production industrielle en Russie avait progressé de six pour cent et que ce chiffre constituait le taux de croissance le plus élevé depuis trois ans. Fort de cet indice encourageant, Mikhaïl Kassianov pronostique une progression du produit intérieur brut (PIB) de 6,4 pour cent pour la première décade d'avril alors que pour la même période de l'année dernière l'indice ad hoc n'avait pas été supérieur à 3,4 pour cent. Au demeurant, cette fois la croissance est due non seulement à une conjoncture extérieure favorable - les prix des hydrocarbures sont restés à un niveau élevé - et à une progression de l'extraction du pétrole et de la production dans la sidérurgie, mais encore grâce à des tendances positives observées dans les constructions mécaniques et l'industrie de transformation.

    A ce jour, des actions de trois compagnies russes - "Lukhoïl", "Gazprom" et "Tatneft" circulent librement à la Bourse des valeurs londonienne. En outre, neuf autres firmes russes sont présentes sur la place commerciale pour les titres des compagnies étrangères (IOB) qui fonctionne près de la bourse. Au cours des trois dernières années, le volume des opérations sur titres russes a triplé et maintenant il représente la moitié de l'ensemble des transactions.

    Au colloque de Moscou, les Britanniques ont invité les hommes d'affaires russes à être davantage présents sur les moniteurs boursiers de la City, et pas seulement dans le secteur pétrogazier. Le même Marc Bailey a indiqué que des négociations étaient en cours avec une compagnie de télécommunications russe. Le jour où ses titres feront leur apparition à la Bourse de Londres n'est pas loin, a pronostiqué ce financier londonien en vue.

    Les Britanniques drainent des titres russes chez eux alors qu'il est évident que les prix du brut vont probablement chuter. Seulement cela ne rebute pas les analystes de Londres. Ils estiment que l'accession à la bourse est le fruit de décisions stratégiques d'envergure qu'il convient de ne pas considérer comme de la spéculation hâtive. Ce qui importe ici, c'est qu'il n'y ait pas rupture entre le prix des actions et la valeur réelle des actifs des sociétés.

    D'où l'appel des acteurs boursiers londoniens aux futurs participants russes aux jeux boursiers: soyez transparents. Un investisseur étranger qui se respecte n'achètera aucune action tant qu'il ne saura pas exactement comment la compagnie est gérée, quelle est l'origine de ses bénéfices et quelles sont ses perspectives de développement.

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