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    Le tracé du futur oléoduc de Sibérie orientale défini

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    MOSCOU, 28 décembre. Par Vassili Zoubkov, commentateur économique de RIA-Novosti. A en croire Stanislav Naoumov, porte-parole du ministre fédéral de l'Industrie et de l'Energie, le projet de tracé définitif de l'oléoduc de Sibérie orientale est déjà soumis à l'examen du gouvernement. Dans les grandes lignes, il reproduit le projet présenté par la compagnie publique Transneft.

    Aux termes de ce dernier, le "tube" sera posé, à la première étape, entre Taïchet, une gare ferroviaire d'importance sur la Voie ferrée Baïkal-Amour, à Skovorodino, une autre gare sur cette même voie. De là, le pétrole exporté ira, en wagons-citernes, jusqu'au port de Nakhodka (littoral russe du Pacifique). L'étude de faisabilité doit être prête vers le milieu de l'année prochaine. Après, elle subira une expertise intersectorielle d'Etat.

    L'oléoduc passera à 150 km au nord du lac Baïkal, essentiellement le long de la Voie ferrée Baïkal-Amour, zone relativement peuplée. De Skovorodino, cette gare ferroviaire la plus proche de la frontière chinoise, on pourra poser, dans un proche avenir, une nouvelle canalisation vers la Chine.

    Le temps accordé par le gouvernement à ce chantier est de 3,5 ans. Le coût du tronçon Taïchet - Skovorodino, déjà établi, sera de 6,5 milliards de dollars. Une estacade de remplissage des wagons-citernes sera construite. Et, avant la fin de la construction de l'ensemble de l'oléoduc, le pétrole sera acheminé vers le Pacifique par rail. Ce qui veut dire qu'il faudra poser une deuxième et une troisième voie ferrée. La société Chemins de fer de Russie a déjà concerté avec Transneft les principaux aspects de leur future coopération en matière d'exportation de pétrole.

    La longueur totale de l'oléoduc de Sibérie orientale (Taïchet - Kazatchinskoïé -Skovorodino - Khabarovsk - Nakhodka ) est de 4 130 km. Il est prévu de construire 44 postes de pompage, 14 réservoirs de stockage d'une capacité de 4,4 millions de tonnes, un terminal, des quais et des installations côtières dans la baie Perevoznaïa (Nakhodka). On estime que le "tube", de 1 220 mm de diamètre, sera posé "en un fil". Près de 30 000 personnes seront engagés dans la construction du pipeline. Ils auront à aménager 48 passages à travers des cours d'eau, dont des fleuves aussi importants que la Léna, l'Angara, l'Ilim, la Tchouna, etc. Il faudra aussi construire des passagers à travers de voies ferrées et de routes automobiles.

    Le débit annuel de l'oléoduc devra constituer, après l'achèvement du chantier, 80 millions de tonnes. Le coût général de l'ouvrage se montera à 11-12 milliards de dollars. Pour l'exploiter, Transneft aura une filiale qui disposera de 4 divisions à Taïchet, Blagovechtchensk, Khabarovsk et Nakhodka.

    Ce sont des gisements de la région de Tomsk et de l'Arrondissement autonome des Khantys et des Mansis en Sibérie occidentale qui sont désignés par le gouvernement comme ceux qui, dans un premier temps, alimenteront l'oléoduc (24 millions de tonnes par an), ainsi que, après leur mise en exploitation, des gisements dans les provinces pétrolifères de la Léna et de la Toungouska, de la Khatanga et du Viliouï en Sibérie orientale et en Yakoutie. Plus tard, l'oléoduc pourrait aussi être alimenté par les gisements Iouroubtchenko-Takhomskoïé, Talakanskoïé, Tchaïandinskoïé et de Kovykta (Yakoutie et Territoire administratif de Krasnoïarsk).

    Les réserves totales de la Sibérie orientale, de la Yakoutie et de l'Extrême-Orient russe se monteraient, selon des prévisions, à plus de 19 milliards de tonnes de pétrole. La production régionale annuelle, qui constitue aujourd'hui moins de 1 million de tonnes de brut, sera portée, d'ici à 2010, à 5-10 millions de tonnes et, après 2020, à 55-60 millions de tonnes. Pourtant, comme l'estime Alexandre Safronov, directeur de l'Institut yakoute du pétrole et du gaz, une partie considérable de cet accroissement pourrait être "dévorée" par la consommation intérieure régionale, qui passera de 15 millions de tonnes en 2003 à 35-40 millions de tonnes en 2030.

    La prospection géologique de nouveaux gisements, estiment les experts de l'Institut de la géologie pétrogazière de la Filiale sibérienne de l'Académie des sciences de Russie, demandera, dans les années à venir, près de 14 milliards de dollars d'investissements. Cela constitue seulement 2% à 3% du coût de la réalisation du brut. Les grandes compagnies pétrolières dépensent jusqu'à 10% de leurs bénéfices pour la prospection géologique.

    L' "Orient-Express" pétrolier se met donc en marche vers le Pacifique. Ce projet, qu'est-ce qu'il renferme au premier chef, des calculs économiques pragmatiques et des ambitions politiques ? Seul l'avenir nous le dira.

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