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    La Russie se voit déjà dans la jet-set de l'OMC (Vedomosti)

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    MOSCOU, 10 avril - RIA Novosti. Une fois de plus, la Russie se dit plus proche que jamais de l'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Lundi dernier, à l'occasion de la 2e édition du congrès international sur le thème "La Russie à l'OMC: espoirs et potentialités stratégiques", le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, a déclaré que Moscou comptait boucler les négociations bilatérales avec le Vietnam avant fin avril et avec le Cambodge avant fin mai. Toujours selon M. Gref, la Russie achèvera d'ici juillet prochain les négociations multilatérales sur l'adhésion à l'OMC et entrera dans l'organisation "fin 2007 ou à la rigueur début 2008".

    La Russie entre à l'OMC à une époque où la mondialisation en est crise: le taux de croissance de l'économie mondiale n'en finit pas de se ralentir. Dans les pays apôtres du libre échange (Etats-Unis, UE) le protectionnisme retrouve un nouveau souffle, et l'idée même du libre échange est de plus en plus remise en cause.

    Or, c'est exactement la raison pour laquelle la Russie se sentira au sein de l'OMC comme un poisson dans l'eau. Les fonctionnaires russes, eux, espèrent que l'adhésion à l'OMC n'aura pas de répercussions libérales directes: l'exemple de la Chine, des Etats-Unis et d'autres pays qui subventionnent à l'envi leurs producteurs et torpillent toute décision contraire à leurs intérêts est on ne peut plus convaincant. En accédant à l'OMC, la Russie se hissera simplement dans la fine fleur du protectionnisme où elle devra se battre pour chaque rouble de préférences. Bien sûr, elle aura de la peine à s'imposer dans un premier temps, mais à l'avenir elle améliorera ses compétences.

    Les économistes libéraux, en revanche, caressent un espoir d'un tout autre ordre: quoi que fasse la Russie pour fermer ses marchés, l'appartenance même à l'OMC conduira à un renforcement de la concurrence. La Russie devra faire face à une rivalité inouïe où nos compagnies devront se battre pour chaque rouble. Les compagnies non compétitives, voire des secteurs entiers risquent de succomber, alors que les autres vont redoubler de compétence.

    Pour Guerman Gref, les conditions d'adhésion de la Russie ne sont pas mauvaises. Les secteurs les plus sensibles de l'économie seront soumis à une période de transition de 7 ans durant laquelle les taxes à l'importation resteront inchangées. L'automobile, l'aéronautique, les constructions navales et l'agriculture seront les secteurs les plus protégés. Le ministre russe a également calculé les dommages directs dus à l'adhésion à l'OMC: le budget fédéral perdra 40 milliards de roubles (1,2 milliard d'euros) en 2008, 70 milliards en 2009 et 100 milliards en 2010.

    En réalité, l'effet de l'adhésion à l'OMC dépendra de la façon dont la Russie mettra à profit les instruments offerts par cette organisation. Les exportations russes sont essentiellement canalisées vers les pays membres de l'OMC. Si la Russie parvient à multiplier les exportations vers ces pays pendant la période de transition, la compétitivité des compagnies russes grandira et le besoin de mesures protectionnistes s'affaiblira. Si l'Etat ne fait rien pour stimuler les exportations, tôt ou tard les importations briseront tous les obstacles protectionnistes.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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