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    La Russie risque très gros dans le contexte de récession mondiale (Nezavissimaïa gazeta)

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    MOSCOU, 23 janvier - RIA Novosti. "Si le gouvernement ne change pas de politique financière après ce début de dépression mondiale, les conséquences pour la Russie pourraient êtres catastrophiques", a indiqué hier Egor Gaïdar lors d'une session du conseil scientifique de l'Institut de l'économie de transition qu'il préside (IET), rapporte le quotidien Nezavissimaïa gazeta dans son édition de mercredi.

    Selon lui, le nouveau président souhaitera vraisemblablement éviter une récession inévitable et une dévaluation du rouble en augmentant les dépenses publiques en 2008-2010. Une telle politique poussera à coup sûr la Russie vers une crise de grande ampleur. Au ministère des Finances, ce point de vue est loin d'être considéré comme infondé.

    "D'après moi, Egor Gaïdar ne surestime pas le danger de ralentissement de l'économie mondiale et les nouveaux risques qui en découlent pour la Russie", a déclaré à Nezavissimaïa gazeta le vice-ministre des Finances Sergueï Chatalov. Selon lui, le changement de la conjoncture mondiale implique des actions concrètes de la part du gouvernement, et probablement des changements dans la politique monétaire et de crédit. "Mais pour le moment la question n'a pas été abordée dans les ministères", précise l'adjoint d'Alexeï Koudrine.

    Le rapport présenté hier, intitulé "Situation de la conjoncture économique mondiale et perspectives de la politique économique de la Russie", a étrangement coïncidé avec la chute des marchés financiers mondiaux qui, selon les prévisions de M. Gaïdar, ne devait se produire que dans quelques semaines. La principale cause de l'effondrement des marchés boursiers est à chercher dans la fin de la période de grâce pour la croissance de l'économie mondiale qu'ont été les années 2004-2007 et le début de récession aux Etats-Unis, en Chine et dans la zone euro. La suite des événements, selon Egor Gaïdar, pourrait intervenir selon le schéma suivant: chute de la demande de pétrole et de métaux, et donc chute des cours de ces matières premières, diminution des recettes russes provenant de l'exportation, fuite des capitaux étrangers et dévaluation du rouble.

    "L'espoir que la Russie devienne, sur fond de crise américaine, un havre de paix pour les capitaux étrangers n'est en rien confirmé par l'histoire des crises mondiales, lors desquelles les investisseurs retirent leur argent des marchés émergents et le placent dans des bons du trésor américains", a souligné M. Gaïdar.

    Mais le danger principal, selon lui, est que la montée des difficultés économiques coïncide en Russie avec le changement de pouvoir en Russie. "Si, sous le nouveau président, la croissance économique tombe de 7% à 2-3% du PIB, cela ajouté à une menace de dévaluation du rouble, alors le pouvoir pourrait commencer à stimuler artificiellement l'économie en augmentant les dépenses publiques et en soutenant le rouble grâce aux réserves de changes accumulées. La conjonction de ces mesures pourrait avoir des conséquences catastrophiques", a estimé le célèbre économiste.

    "Aucun programme gouvernemental ne fait même mention des cycles économiques mondiaux, et il semble que les autorités n'aient pas encore pris conscience du fait que la période de conjoncture économique extérieure favorable est déjà passée", a-t-il conclu.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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