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    Gazprom envisage de s'implanter en Corée du Sud (RBC Daily)

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    MOSCOU, 30 septembre - RIA Novosti. La promesse des fonctionnaires russes de réviser les relations énergétiques avec l'Europe en s'orientant vers l'Orient est devenue réalité, apprend-on mardi dans le quotidien RBC Daily.

    Gazprom et la compagnie publique sud-coréenne Korea Gas (Kogas) ont signé hier un mémorandum prévoyant la livraison de 10 milliards de m3 de gaz russe par an pendant 30 ans à partir de 2015. Il fait partie de l'accord de 102 milliards de dollars, qui prévoit la construction d'un gazoduc allant de Vladivostok à la Corée du Sud en passant par la Corée du Nord, ainsi que la création d'un complexe gazochimique et une usine de liquéfaction du gaz. Des compagnies sud-coréennes pourraient également prendre part à l'exploitation du gisement de Kovykta.

    L'intensification de la coopération entre la Russie et la Corée du Sud est liée au désir de Gazprom de diversifier ses livraisons, estime Dmitri Lioutiaguine, analyste de la compagnie d'investissement Veles Kapital. Les événements dans le Caucase ont rendu encore plus vive l'attitude de l'Union européenne envers le monopole russe. C'est pourquoi Gazprom a décidé de prendre des mesures de sécurité supplémentaires en dirigeant une partie de son gaz vers l'Orient. Quant à la Corée du Sud, il est assez avantageux pour elle d'avoir un fournisseur aussi fiable, compte tenu des ses problèmes actuels avec les livraisons de gaz liquéfié et qui pourraient encore s'aggraver dans l'avenir.

    Le taux d'accroissement de la consommation de gaz en Corée du Sud est l'un des plus élevés au monde, fait remarquer Alexeï Belogoriev, chef du département des études de l'industrie du gaz de l'Institut des monopoles naturels (IPEM). En 2007, le volume de gaz consommé dans le pays s'est chiffré à 37 milliards de m3, tandis qu'en 2030 il pourrait atteindre 80 à 100 milliards de m3. Les réserves de gaz en Corée du Sud sont minimes, et le pays ne peut compter que sur les importations. La Russie est le fournisseur le plus proche et le seul importateur pouvant fournir le gaz par pipeline.

    Les exportations de gaz en Corée, en Chine et au Japon représentent le noyau du programme oriental du monopole russe. "Les exportations de gaz liquéfié sont le meilleur choix du point de vue de la sécurité des livraisons", estime M. Belogoriev. Cependant, Gazprom, qui possède une très grande expérience dans la construction de pipelines, connaît toujours des difficultés technologiques dans le domaine de la liquéfaction du gaz.

    Selon le directeur de la société de conseil East European Gas Analysis Mikhaïl Kortchemkine, la Corée du Sud pourrait recevoir le gaz issu du projet Sakhaline-1. Ce gaz n'appartient pas encore à Gazprom, mais ce sera le cas très bientôt, estime-t-il. C'est pourquoi le gazoduc Sakhaline-Khabarovsk-Vladivostok sera plutôt orienté vers l'exportation que vers le marché russe. M. Kortchemkine doute toutefois que la Chine permette que l'on transporte librement du gaz sur son territoire. Il est fort probable qu'elle veuille acheter tout le gaz pour le revendre ensuite à ses propres conditions, ce que fait la Russie en Asie centrale.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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