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    « Un coussin de sécurité » pour les banques

    « Un coussin de sécurité » pour les banques

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    Un nouveau accord-cadre Bâle III est préparé par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire composé de 27 pays. Ce Comité est hébergé par la Banque des règlements internationaux.

    Un nouveau accord-cadre Bâle III est préparé par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire composé de 27 pays. Ce Comité est hébergé par la Banque des règlements internationaux. L'objectif de cet accord-cadre est d'augmenter le montant minimum de la réserve liquide, estime Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie. Bâle III sera soumis à l'approbation du G20 à Séoul début novembre. Notre commentateur Sergueï Gouk a interviewé Boris Roubtzov, chargé de cours à l'Académie des finances.

    On ne peut pas dire que la communauté bancaire internationale a unanimement salué l'augmentation des normes de réserve. La part des actifs fixes des instituts de crédit doit être augmentée de 4 à 6%. Si pour les grands du monde financier, la création du « coussin de sécurité » est tout à fait possible (par exemple, en émettant de nouvelles actions), pour les petits et les moyens c'est une source de problèmes. Hans-Joachim Massenberg, représentant de l'union fédérale des banques allemandes, explique : « La plupart de petits et moyens acteurs n'ont pas d'accès au marché de capitaux. Accumuler les bénéfices en si peu de temps  afin de se constituer un capital est extrêmement difficile »

    Les experts de la Banque des règlements internationaux et leurs collègues de la Banque centrale européenne ne nient pas l'éventualité de la menace . C'est pourquoi certaines exigences ont été revues à la baisse. Notamment, l'augmentation du montant du capital devra se réaliser par étapes, de 2013 à 2019. On mettra fin aux injections financières étatiques dans le système bancaire, mais là aussi, on procédera par étapes. L'accord-cadre parle de l'intervention étatique en termes très mesurés.

    Boris Roubtzov considère que les normes de Bâle III fera plus de bien que de mal aux acteurs des marchés financiers.

     « Ce sont les banques allemandes qui ont plus d'objections. La majorité de banques en Allemagne ne sont pas historiquement les banques par actions. Le système bancaire n'y est pas si concentré qu'en France, en Grande-Bretagne ou au Japon.

    L'accord de Bâle III prévoit un délai assez long, de 5 à 8 ans, pour la mise en oeuvre de ses directives. L'accord lui-même est le fruit de longues discussions. A mon avis, il s'agit d'un accord raisonnable. Bien évidemment, il diminue les possibilité de crédit. Mais l'une des causes de la crise financière c'est précisément le crédit excessif avec un endettement trop important »

    Les analystes financiers allemands sont convaincus qu'on ne pourra pas éviter les pertes. D'après les calculs, les caisses d'épargne, les banques commerciales et agricoles auront besoin de plus de cent milliards d'euros afin de satisfaire les exigences de l'accord-cadre. Il faudra faire un grand effort...

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