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    «South Stream»:pomme de discorde ou fruit du dialogue entre la Russie et l’UE?

    «South Stream»:pomme de discorde ou fruit du dialogue entre la Russie et l’UE?

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    Il n’est pas dans l’intérêt de l’Union Européenne de bloquer le projet gazier «South Stream». L’objectif est de faire de sorte qu’il soit conforme à la législation européenne.

    Il n’est pas dans l’intérêt de l’Union Européenne de bloquer le projet gazier «South Stream». L’objectif est de faire de sorte qu’il soit conforme à la législation européenne. Le commissaire européen sur l’Énergie Günter Etinger l’a déclaré à la conférence «Russie-UE» à Bruxelles.  

    Il y a un ou deux ans, pour l’attitude aussi favorable à l’égard  du projet gazier russe, un fonctionnaire aurait pu perdre son poste. Aujourd’hui, sa déclaration ne semble pas un geste  audacieux. La Russie a déjà conclu des accords intergouvernementaux sur la réalisation de ce projet avec la Bulgarie, la Hongrie, la Serbie, la Grèce, la Slovénie, l’Autriche et la Croatie. L’Union Européenne est obligée de reconnaître le fait d’une percée de Russie en matière de diplomatie énergétique, croit le vice-président du conseil des directeurs du «Gazprom» Alexandre Medvedev.

    Le «South Stream» a toutes les raisons d’être considéré comme un projet pan-européen. Déjà, l’itinéraire le permet. Près d’une dizaine de pays  et une série de grosses compagnies y sont intéressés. Il parait que leur nombre va croître. Le nouveau gazoduc est appelé non seulement à satisfaire la demande croissante pour le gaz, mais aussi à assurer la fiabilité et la flexibilité des livraisons.

    L’Union Européenne ne peut pas ne pas en prendre compte. Oui, à la conférence à Bruxelles, ses membres parlaient beaucoup de la diversification  des livraisons des ressources énergétiques, autrement dit, de la diminution de la dépendance de la Russie. Mais ils étaient bien obligés de reconnaitre  que la part de Russie dans l’importation du gaz allait croître. Les fonctionnaires de l’UE doivent renoncer à l’approche politisée, a noté le ministre de l’Énergie de Russie Sergueï Chmatko:

    Nous livrons sur une base à long terme pratiquement un tiers des ressources énergétiques en UE. Les Européens comprennent bien que nos relations sont celles d’interdépendance. Ils comprennent qu’au cours de 30 années à venir, il n’y aura pas d’alternative aux hydrocarbures russes. Dans la stratégie de l’UE jusqu’à 2050, une part importante des livraisons des ressources énergétiques depuis la Russie est prévue.

    Donc, tôt ou tard, l’Union Européenne devra accorder au «South Stream» le statut  d’un réseau prioritaire. Cela fera disparaitre les barrières  au moment de signature des contrats pour l’achat-vente du gaz. Cet argument, parait-il, sera le plus important dans le dialogue  des importateurs du gaz russe avec l’UE au sujet de la  reconnaissance du statut paneuropéen du projet. Sa mise en exploitation est prévue pour 2015. La capacité des deux branches du gazoduc – en Europe Centrale via la Bulgarie, la Hongrie et la Serbie, en Italie du Sud via la Grèce atteint 63 milliards de mètres cube.

    L’UE s’est empressée d’accorder un statut prioritaire au projet «Nabucco» qui prévoit le transport du gaz de la Caspienne en contournant la Russie. Pour le moment, ce gazoduc semble virtuel à cause des doutes  concernant la possibilité de son alimentation. S’il est construit tout de même,  ce pourrait être un monument aux ambitions politiques de l’UE. Alors, celle-ci devra faire une nouvelle révérence du côté du «South Stream», en perdant la face. Ne serait-il mieux de procéder dès à présent à la diversification des approches et de reconnaitre légalement le «South Stream»?

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