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    La cour d'arbitrage de Stockholm donne son feu vert pour la transaction BP Rosneft

    La cour d'arbitrage de Stockholm donne son feu vert pour la transaction BP Rosneft

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    Le géant pétrolier russe Rosneft et le groupe britannique BP peuvent procéder à un échange de titres conformément à la décision prise par la Cour d‘arbitrage de Stockholm.

    Le géant pétrolier russe Rosneft et le groupe britannique BP peuvent procéder à un échange de titres conformément à la décision prise par la Cour d‘arbitrage de Stockholm. Il est vrai cependant que la décision de cette instance arbitrale est assortie de plusieurs conditions dont la principale est l’accès de TNK-BP aux projets communs en Arctique. Ce sont les actionnaires de TNK-BP qui ont saisi la Cour d’arbitrage pour demander de casser la transaction entre les holdings pétroliers russe et britannique.

    «Le principal scandale qui envenimait depuis le début de l’année la situation dans le secteur pétrolier s’est finalement résorbé apparemment sans remous. La Cour arbitrale internationale de Stockholm a levé l’interdit sur la plus grande transaction de ces dernières années dans le secteur russe des énergies et des combustibles. BP et Rosneft peuvent désormais échanger leurs titres et développer ensemble leurs projets dans l’Arctique. Mais il faudra néanmoins faire appel au tiers qui est en l’occurrence TNK-BP. Un des propriétaires du groupe et notamment le consortium Alfa-Access-Renova a saisi la Cour en demandant de supprimer la transaction entre Rosneft et BP, estimant qu’elle lésait ses intérêts. Or, maintenant c’est Rosneft qui s’estime lésé», - pense l’analyste de la Banque de Moscou Denis Borissov.

    La société déclarait auparavant qu'elle n’était pas intéressée au partenariat avec TNK-BP en Arctique. Pour tout dire, Rosneft comptait engageait un partenariat direct avec BP sur les projets arctiques. Il s’ensuit que si Rosneft s’en tient toujours à ses positions et si TNK-BP ne propose rien de nouveau et intéressant, la transaction en question est peu faisable. Auparavant plusieurs actionnaires minoritaires de BP déclaraient qu’il n’était pas correct de séparer la transaction d’échange de titres avec Rosneft des opérations sur le talus continental arctique. C’est pourquoi, si la transaction a finalement lieu, elle portera sur l’ensemble des activités.

    Denis Borissov ajoute qu’après cette décision de la Cour d’arbitrage de Stockholm, ka transaction entre Rosneft et BP peut ne pas avoir lieu du tout. De surcroît, les juges ont incorporé à leur verdict une contrainte importante de plus, à savoir que les titres échangés – 5% des titres de BP et près de 10% de ceux de Rosneft- seront mis à la disposition d’un fonds fiduciaire spécial si bien que les partenaires ne pourront pas en avoir directement la jouissance. Les deux sociétés s’engagent également à ne pas coopter leurs représentants dans les conseils d’administration. Cette clause rend réellement la transaction peu probable, pense le partenaire de l’agence de consulting RusEnergy Mikhaïl Kroutikhine.

    La société ne peut pas profiter entièrement des titres acquis, c’est-à-dire des 5% des titres qui lui sont redevables selon les termes de l’échange. Portant, l’idée consistait justement à mettre ces 5% à la disposition de la société publique russe gérée directement par le gouvernement. En fait, les sociétés publiques russes sont plutôt réticentes en ce qui concerne l’entrée dans l’actionnariat des grandes sociétés occidentales. Alors, si cette idée se réalisait, ce serait une grande victoire de la direction russe. Or, le projet a foiré parce que ces titres constitueront désormais un poids mort et pourront au mieux apporter quelques dividendes.

    Auparavant de nombreux experts signalaient dans leurs interviews à la Voix de la Russie que les agissements du consortium Alfa-Acess-Renova ont non seulement fait échouer la transaction entre Rosneft et BP mais ont encore sapé la confiance des investisseurs occidentaux. D’ailleurs, Rosneft n’aura aucun problème pour trouver un autre partenaire à la place de BP parce que d’autres grandes sociétés occidentales ont déjà manifesté leur intérêt pour les projets en Arctique.

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