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    Sauver la zone euro: les conseils de Washington et l’argent de Pékin

    Sauver la zone euro: les conseils de Washington et l’argent de Pékin

    Economie
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    La santé de l’économie européenne inquiète le monde. Selon les experts, la crise du marché des obligations étatiques européennes risque de causer des soucis financiers au niveau mondial. C’est pourquoi tous accourent pour tenter à sauver la zone euro.

    Vendredi les ministres des finances européens se sont réunis à Wrocław en Pologne pour parler, entre-autres, de la réforme de la zone euro et du plan du sauvetage de la Grèce. Le secrétaire au Trésor des Etats-Unis Timothy Geithner est venu participer à cette réunion. Il a transmis aux Européens le message du président Obama préoccupé par l’instabilité de la zone euro qui risque d’affecter l’économie mondiale.

    M. Geithner a essayé à convaincre les Européens de suivre le modèle américain mais aussi de faire tout pour préserver l’intégrité de la zone euro, dit Roman Andreïev de la banque russe « Finansovyy Standart »:

    « En s’appuyant sur l’expérience américaine de la sortie de la crise, M. Geithner a tenté à convaincre l’Union européenne et la Grèce de prendre des mesures nécessaires et de le faire au plus vite pour éviter la sortie de la Grèce de la zone euro. C’est que ce n’est bien pour personne – ni pour la zone euro, ni pour les Etats-Unis dont l’économie est largement imbriquée dans celle de l’UE. Mais la zone euro était toujours très lente à se résoudre à agir. Il est peu probable que la visite de M. Geithner puisse accélérer les choses ».

    D’ailleurs, les avis sont partagés en Europe. Pour l’Autriche, la meilleure solution pour tout le monde serait la faillite de la Grèce. Mais, par exemple, la France est prête à se sacrifier pour l’éviter. Un peu plus tôt le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a promis au Parlement européen de lui soumettre prochainement le plan d’émission des obligations européennes appelées à garantir la stabilité économique à long terme. Mais l’Allemagne qui est la plus grande économie européenne, est contre l’émission de ces obligations. L’Allemagne insiste sur les réformes structurelles que les Etats à problèmes – Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie – doivent mettre en œuvre. Cette semaine le parlement italien a voté le plan d’austérité budgétaire. Celui-ci est déjà baptisé « le plan du sang et des larmes » et a fait descendre les Italiens dans les rues.

    Du reste, c’est peut-être l’Italie qui est la plus chanceuse. Mercredi le premier ministre chinois Wen Jiabao a déclaré que la Chine était prête à venir en aide à l’Europe. Rome annonce le rachat des obligations italiennes par Pékin. Cette information n’est ni confirmée, ni infirmée par la Chine. Mais le professeur de l’Ecole de l’économie et de la gestion de l’Université Tsinghua de Pékin, Patrick Chovanec, est enclin à croire le gouvernement italien:

    « L’Italie cherche à attirer des acquéreurs potentiels de ses obligations étatiques. La Chine, elle a ses intérêts à elle. C’est que cela peut être un moyen d’affirmer sa présence sur le marché européen. Et puis, résoudre certains de ses problèmes, par exemple, celui de l’embargo sur les armes. De toutes les façons, la Chine dispose aujourd’hui des réserves trop importantes des devises étrangères dont l’euro. Cet argent doit être investi. Pourquoi ne pas le faire maintenant? »

    On ne peut plus remettre les choses au lendemain. La nouvelle crise financière peut avoir des conséquences beaucoup plus dramatiques que la faillite de « Lehman Brothers » en septembre 2008, avertit le financier américain Georges Soros.

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