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    Course contre la montre avant le sommet décisif sur l'euro

    Course contre la montre avant le sommet décisif sur l'euro

    Photo: EPA
    Economie
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    Les membres de la zone euro devront prendre une solution pour sortir de la crise de la dette avant ce mercredi. Cependant, les analystes ne prévoient pas de changements dramatiques dans l'économie des principaux pays européens, même s'ils sont menacés par les agences de notation.

    "Nous en avons assez de vous entendre nous critiquer et nous dire ce que nous avons à faire". Cet échange s'est déroulé lors du sommet de l'Union européenne dimanche dernier à Bruxelles entre le président français Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron. Ce dernier, dont le pays a dit non à la monnaie unique en 2002, ne se lasse pas d'indiquer aux Etats faisant partie de la zone euro ce qu'ils devraient faire pour sortir de la crise. Quant à la France, elle a aujourd'hui d'autres chats à fouetter les agences de notation menaçant d'abaisser sa note.

    La France sous sous une épée de Damoclès des agences

    Ce n'est pas par hasard que les agences de notation ont émis un avertissement à la France. La dette publique de cette dernière est supérieure à 85% de son PIB. La note de crédit de plusieurs banques françaises a été dégradée. Et selon les prévisions, il n'y aura pas d'amélioration dans le futur proche. La baisse de la note de la France se répercutera sur l'Europe : la contribution financière française diminuera d'un tiers jusqu'à 300 milliards d'euros contre 440 milliards prévus initialement.

    Mais cette menace, est-elle réelle? Quelle voie choisir pour sortir de la crise de la dette? Mettre en marche la planche à billets pour recapitaliser les banques ou bien faire les économies? L'opinion du directeur de l'Institut russe des marchés financiers et de l'économie appliquée, Yakov Mirkine.

    "Quelle solution préférer ? Faire recours aux moyens budgétaires des Etats et à l'argent du Fonds de soutien de la zone euro ? Il est clair que les moyens budgétaires sont limités", estime le directeur de l'Institut russe des marchés financiers et de l'économie appliquée Yakov Mirkine. "En même temps, il ne faut pas oublier que la crise de la dette publique en Europe est avant tout une crise de l'euro. Pour moi la solution idéale, ce serait d'associer les ressources budgétaires des Etats et du Fonds de soutien de la zone euro à des mesures anticrise traditionnelles.  Il s'agit de rendre la liquidité disponible, il s'agit de l'émission, de l’octroi des crédits aux banques à actifs problématiques. Il n'y a pas d'autre choix".

    Les agences de notation semblent vouloir prendre leurs précautions quitte à en faire trop, poursuit Yakov Mirkine. "Elles voient les menaces là où elles n'existent pas. J'espère que les marchés financiers ne réagiront pas à la dégradation éventuelle de la note de la France. Car l'économie mondiale attend un signe positif pour décoller. Il y a donc des chances que les marchés ne feront pas attention à une baisse de la note de crédit ou d'autres facteurs négatifs. La dette de la zone euro est majoritairement en euro. Les états de la zone euro occupent la troisième position dans le monde en terme des réserves en monnaie étrangère. Le potentiel financier de la zone euro est tel qu'aucune dégradation de la note de crédit ne pourra lui nuire. Pas plus qu'un autre signal venant de la zone anglo-saxonne".

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