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    La ronde autour de Nabucco continue

    La ronde autour de Nabucco continue

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    Le projet concurrent du South Stream, prôné pas certains pays européens, ne serait rien d'autre que stratégie et déclarations, selon les spécialistes.

    Le journal autrichien Die Presse a cité ces derniers jours les propos du ministre autrichien de l’économie Reinhold Mitterlehner. Prenant la parole à la conférence consacrée aux problèmes du secteur énergétique à Fuschl, le ministre a déclaré que le projet Nabucco n’était pas décisif pour l’Europe. Si la décision sur le gazoduc n’est pas adoptée dans les mois à venir, les pourparlers n'auront aucun sens.  

     Die Presse cite notamment l’expert autrichien Gerhard Mangott, qui met en doute la nécessité de Nabucco. Selon lui, il vaudrait mieux réfléchir à d'autres solutions pour les livraisons de gaz d’Asie Centrale à l’Europe, notamment au transport de gaz liquéfié à bord des pétroliers par les mers Noire et la Méditerranée. L’expert du Fonds allemand de science et de politique SWP Oliver Geden a qualifié dans le même journal la politique des gazoducs de «stratégie de déclarations».

    Vers l'abandon du projet Nabucco?

    Selon le site Internet azerbaïdjanais Trend, les récents rébondissements portent à croire que Nabucco, l’un des trois projets du Couloir gazier du Sud, pourrait être enseveli. Les premières livraisons de gaz dans le cadre de Nabucco ne seront engagées qu’en 2018 au lieu de 2017, ccomme cela était prévu. Parallèlement, le Commissaire européen pour l’énergie Günther Oettinger a signalé le renchérissement du projet jusqu’à 14 milliards d’euros au lieu de 7,9 milliards, comme cela était décidé au départ.  

    Certes, les membres du consortium qui construit Nabucco ne sont pas pressés de l’ensevelir. Des déclarations optimistes ont été faites pendant la récente visite du président autrichien Heinz Fischer à Bakou et Achkhabad. Or, le chef du département analytique de la compagnie russe Brokercreditservice Maxim Cheine estime que les politiciens feront toujours bonne mine au mauvais jeu.

    "Les politiciens avouent toujours difficilement leurs erreurs malgré les facteurs économiques", considère-t-il. "A mon avis, il serait beaucoup plus avantageux pour l’Europe et pour la Russie de construire conjointement un nouveau gazoduc. Malheureusement, la mentalité de l’époque industrielle, lorsque l’interdépendance est considérée comme une dépendance, constitue une pierre d’achoppement qui entrave l’intégration. Autrement dit, la recherche conjointe d’une «troisième alternative», qui serait avantageuse pour tout le monde n'est pas envisagée".

    Euphorie autour du gaz azéri

    Le directeur général du Fonds de sécurité énergétique nationale Constantine Simonov constate un bluff sur la carte gazière centrasiatique. Selon lui, Bakou a su créer autour de son gaz une telle agitation que la demande de plusieurs fois le potentiel du pays. Or, les initiateurs de Nabucco lient leurs espoirs à l’Azerbaïdjan. Donc, pour reprendre l’expression de Simonov, la «ronde» autour de «Nabucco» continue. On ignore toutefois si cela va durer longtemps.

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