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    Grèce : les tranches en échange des portefeuilles ministériels

    Grèce : les tranches en échange des portefeuilles ministériels

    Economie
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    Les ministres des Finances des pays de la zone euro ont suspendu pour un temps l’octroi de la deuxième tranche d’aide financière à la Grèce. Et cela en dépit de ce que les trois principaux partis politiques de Grèce aient, enfin, concerté entre eux les conditions du nouveau programme d’obtention du crédit de l’UE et du FMI.

    Tout d’abord, il faut attendre que le parlement grec approuve ce programme, a expliqué le président du Groupe européen Jean-Claude Junker. Par ailleurs, en Grèce même la tension sociale monte, ce qui n’exclut pas une déstabilisation politique.

    Les dirigeants de grands partis grecs se sont entendus de réduire les dépenses budgétaires cette année de 3,3 milliards d’euro et de déterminer vers le juin des mesures supplémentaires pour économiser 10 milliards d’euro. En conséquence, comme l’exige le FMI, le montant du salaire minimum sera réduit de 22 %, et les emplois dans le secteur public – de 150 mille.

    Des mesures aussi radicales sont grosses de bouleversements sociaux, or aucunes actions de protestation n’entraîneront prochainement de changements globaux du modèle de la zone euro, considèrent les analystes. Sur ce marché de grosses corporations financières européennes et américaines ont des préférences substantielles, c’est leur territoire d’obtention garantie de profits, a remarqué dans un entretien avec notre correspondant le directeur de l’Institut des problèmes de la globalisation Mikhaïl Déliaguine.

    Puisque ni les uns, ni les autres n’en veulent, un statu quo actuel sera maintenu. Le principe de l’octroi d’aide, lui, sera très simple – les pays d’Europe méridionale obtiendront sous forme d’aide juste l’indispensable pour prévenir la faillite des banques créancières et des compagnies d’assurances, où sont assurées les obligations. La situation sociale y va se détériorer rapidement, voire frôler une catastrophe sociale. Mais l’équilibre financier sera maintenu en partant des intérêts des banques créancières. Et aussi des pays créditeurs.

    Les arguments de l’expert sont indirectement confirmés par le commissaire européen en charge des Affaires économiques et financières Olli Rehn. Il a déclaré à Bruxelles que l’UE étudiait la possibilité d’ouvrir un compte spécial réservé au service de la dette grecque.

    Pour le moment les programmes anticrises de l’UE et du FMI ont manifestement un caractère destructif, a noté Petr Iskenderov, expert pour l’Europe Centrale et du Sud-est à l’Institut des études slaves auprès de l’Académie russe des sciences :

    Cette politique a eu pour résultat le changement des élites au pouvoir et la chute des gouvernements dans plusieurs Etats sans que cela permette de surmonter la crise dans l’UE ou à l’échelle d’un pays membre. Qui plus est, la géographie des Etats à problèmes s’étend, en passant de la seule Grèce au début à l’Espagne, puis au Portugal, à l’Italie. Nous voyons déjà la Roumanie, les événements en Bulgarie, la démission du gouvernement en Slovaquie. Des crises politiques internes se manifestent dans des Etats toujours nouveaux.

     En confirmant le commentaire de l’expert, rappelons qu’en réaction à l’entente des hommes politiques grecs sur les conditions de l’aide financière de l’UE les leaders du mouvement de protestation ont annoncé des actions de masse et des grèves pour vendredi et samedi.

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