Ecoutez Radio Sputnik
    Les passions de la Zone euro

    Les passions de la Zone euro

    © Flickr.com/openDemocracy/cc-by-sa 3.0
    Economie
    URL courte
    0 0 0

    Les États-Unis s’en prennent vivement à la politique économique allemande qui serait trop focalisée sur la stimulation des exportations. De l’avis des experts américains, cette dérive pénalise les pays européens faibles qui ont du mal à accroître leurs activités économiques. Le Grèce, ce pays à problèmes, est cependant le seul de la zone euro à croire que le passage à la monnaie unique n’était pas une erreur.

    Les critiques émanant des États-Unis sont en partie justifiées. Dans son récent rapport, le FMI avait également critiqué l’expansion économique de l’Allemagne sur les marchés d’Europe Centrale et de l’Est. Mais, d’un autre côté, la politique « d’assouplissement quantitatif » pratiquée par la Réserve fédérale américaine (FRS) suscite au moins autant de questions que les agissements de la Commission Européenne ou de la BCE. Au lieu de stimuler la production, cette politique répond aux intérêts du lobby bancaire, estime Youri Danilov, directeur du laboratoire d’analyse des marchés financiers de l’Institut d’analyse d’entreprises et de marchés du Haut collège d’économie :

    « Ce lobby bancaire serait le plus intéressé à ce que les crédits « bon marché » continuent à irriguer l’économie et surtout le marché financier. Les banquiers luttent actuellement non pas pour une nouvelle étape « d’assouplissement quantitatif» mais pour le maintien de la situation actuelle aussi longtemps que possible. »

    Quant au rapport de forces en Europe, les sondages ont révélé une tendance assez curieuse à savoir que la Grèce reste toujours l’unique pays à apporter son soutien à l’euro. D’un autre côté, il est évident que plus de 200 milliards d’euros reçus par la Grèce de l’UE et du FMI à titre d’aide financière, l’ont dans une grande mesure aidée à éviter le pire des scénarios, estime le professeur de l’Académie russe des finances Boris Roubtsov. Selon lui, le statut de membre de la zone euro renferme certains inconvénients mais aussi des avantages certains :

    Il est assez difficile de faire un bon dosage. D’une part, le statut de membre de la zone euro impose aux états certaines obligations mais, d’autre part, comme on le voit bien dans le cas grec, le pays a bénéficié d’une aide très substantielle de la part des autres membres de la zone.

    Les marchés mondiaux sont actuellement dans l’attente des prochaines démarches de la BCE, si bien que les Européens doivent une fois de plus s’armer de patience. T


    Lire aussi:

    Euro pour toute l’UE: une idée «complètement déconnectée des réalités»
    La zone euro en plein tempête après 2020
    La Grèce «va mieux»: à quel point et à quel prix?
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik