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    Une nouvelle géographie énergétique avec des ressources fossiles traditionnelles

    Une nouvelle géographie énergétique avec des ressources fossiles traditionnelles

    © Photo: RIA Novosti
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    Les producteurs mondiaux d’hydrocarbures seront obligés de satisfaire principalement la demande croissante des pays d’Asie, et non plus celle des pays occidentaux. C’est la conclusion du Forum international sur l’énergie qui s’est tenu à Moscou la semaine dernière.

    Trouver un modèle de développement énergétique stable dans le contexte des défis qui sont posés par la conjoncture politique et économique mondiale. Et définir une nouvelle géographie des marchés énergétiques. Tels étaient les objectifs de la rencontre ministérielle du Forum international sur l'énergie (IEF) qui s’est déroulé jeudi et vendredi dernier à Moscou.

    Boudée par les pays occidentaux, cette rencontre a toutefois réuni 101 délégations de plus de 70 pays du monde, principalement des pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et des Etats de l’espace postsoviétique.

    Les ressources fossiles largement suffisantes à long terme

    Ce n’est un secret pour personne que la consommation mondiale d’hydrocarbures continue de croître. Et les experts ne peuvent qu’évaluer les rythmes de croissance de cette demande. Dans une comparaison sur les prévisions à long terme de la demande de pétrole, l’Agence internationale de l’énergie (IEA) et les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sont parvenue à la conclusion que d’ici 2035 la demande mondiale de pétrole pourrait varier entre 90 millions et 115 millions de barils par jour.

    Cependant, les participants au forum ont convenu qu’avec la croissance de la prospection des hydrocarbures non conventionnels (sables bitumeux, gaz et huiles de schiste), le monde ne connaîtra pas de pénurie à long terme. Cela n’empêche pas toutefois les pays producteurs d’effectuer un travail en amont pour garantir un développement durable et responsable de ces ressources dans un souci de respect de l’environnement.

    Vers une nouvelle géographie du secteur gazier et pétrolier

    Dictée par les conditions de marché, l’économie des hydrocarbures est en train de changer. Les hauts fonctionnaires de l’énergie et les industriels prévoient une baisse des exportations vers l’Amérique du Nord, mais en revanche une forte augmentation des exportations vers les pays d’Asie. Selon les prévisions de l’OPEP, d’ici 2035, la demande de pétrole des pays de l’OCDE va baisser légèrement, passant de 45,2 millions de barils par jour en 2015 à 40,4 millions de barils. Quant aux pays en développement, elle passera de 41,1 millions de barils (2015) à 62,1 millions (2035).

    Le fait que la Russie développe activement des moyens de transport et d’exportation vers les pays d’Asie s’avère donc tout à fait justifié, analyse le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak.

    « Nous ne recherchons pas d’alternative au marché européen. Nous sommes en train de mettre en valeur notre base de ressources fossiles à l’Est du pays », a-t-il expliqué en marge du forum évoquant notamment Sakhaline-1, le projet gazier et pétrolier au large de la presqu’île de Sakhaline dans l’Extrême-Orient. Novak a d’ailleurs réfuté les rumeurs sur le retrait éventuel de la compagnie américaine ExxonMobil de ce projet à cause de la position russe sur la situation en Ukraine.

    Cela fait déjà plusieurs années que la Russie cherche à diversifier ses exportations d’hydrocarbures. Ainsi, Gazprom et China National Petroleum Corporation (CNPC) sont en train de préparer la signature d’un contrat historique portant sur la livraison annuelle de 38 milliards de mètres cubes de gaz russe en Chine pendant une durée de 30 ans. Ce contrat devrait être signé lors de la visite du président russe Vladimir Poutine à Shanghai les 20 et 21 mai prochains.

    Produisant elle-même près de 110 milliards de mètres cubes de gaz par an, la RPC complète actuellement sa demande par des importations depuis le Turkménistan, la Birmanie, l’Australie et le Qatar. L’argument qui devrait inciter la Chine à intégrer la Russie dans sa liste d’importateurs, c’est le prix du gaz. Les experts des deux sociétés travaillent actuellement sur cette question. T

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