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    Les BRICS vont se doter d’une réserve financière commune

    Les BRICS vont se doter d’une réserve financière commune

    © Collage : La Voix de la Russie
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    Les dirigeants des pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) vont signer un accord-cadre sur la création d’un pool commun de réserves de change et la fondation d’une Nouvelle banque de développement. Cette information a été annoncée par le ministre russe des Finances Anton Silouanov. Le document sera signé le 15 juillet prochain lors du Sommet des pays des BRICS au Brésil.

    La création de réserves de change communes pour les pays des BRICS a pour objectif d’assurer un soutien financier de ces pays en cas d’une réduction drastique des réserves d’or d’un des membres de l’alliance. Ce pool de devises de 100 milliards de dollars sera composé des contributions de chaque pays de l’alliance. La Chine fournira ainsi 41 milliards de dollars à ce pool, la Russie, l’Inde, et le Brésil participeront chacun à hauteur de 18 milliards. Quant à l’Afrique du Sud, elle contribuera à la hauteur de 5 milliards de dollars à cette réserve commune. Le volume d’aide dont chaque pays pourra bénéficier sera donc limité par le volume de sa contribution. Si l’un des pays des BRICS se retrouve confronté à des problèmes liés à la fuite des capitaux, ou se retrouve sous la pression du marché des devises, il pourra bénéficier immédiatement d’un équivalent allant jusqu’à 30% de sa contribution au fond commun des devises à condition de motiver sa demande. Le reste de la somme pourra être accordé à ce pays uniquement s’il adopte un programme de stabilisation du FMI.

    Les experts remarquent cependant qu’en cas de nouvelle crise, ce nouveau pool de devises ne sauvera pas tous les pays des BRICS. Mais dans le contexte de l’instabilité des marchés des capitaux dans les pays de l’alliance, il est très utile d’avoir à sa disposition un « Fond monétaire international en miniature » pour pouvoir réagir rapidement aux difficultés financières régionales.

    « 100 milliards de dollars, c'est certes une somme modeste, analyse Igor Nikolaïev, directeur de l’Institut russe de l’analyse stratégique FBK. Dans les années 2008-2009, la Russie à elle seule a vu son fonds de stabilisation fondre de 118 milliards de dollars. Donc si jamais une crise financière se produit quelque part dans le monde, les moyens du fonds commun des devises suffiront à peine pour sauver un seul pays de l’alliance. Mais c'est toujours mieux que rien ».

    La Nouvelle banque de développement des pays des BRICS devrait être créée simultanément avec le fond commun des devises. Cette banque fournira des fonds destinés à des projets d’infrastructure sur le territoire des pays-membres. Les négociations sur la création de cette banque ont duré près de deux ans. Les membres n’arrivaient pas à s’entendre sur la répartition des parts au sein du capital de la banque et sur l’endroit où serait établi le siège de la nouvelle structure. Finalement un consensus a été atteint. En tout, deux milliards de dollars en argent réel seront investis dans le capital de départ de la structure, et les 40 milliards restants seront apportés sous forme de garanties. Cet argent sera ensuite utilisé pour lever des capitaux sur les marchés internationaux. Quant au siège de la nouvelle banque, il sera établi à Shanghai.

    La banque devra émettre des prêts d’ici à deux ans. Elle se concentrera principalement sur le financement des différents projets que les fonds internationaux n’ont pas pu financer dans les pays des BRICS. En outre, les pays-investisseurs vont pouvoir bénéficier d’un financement préférentiel par rapport aux autres marchés du capital. Telle est la supposition du directeur de l’Institut des problèmes de globalisation Mikhaïl Deliaguine.

    « Certains des pays des BRICS, par exemple la Russie et la Chine, entretiennent de très bonnes relations bilatérales, explique l’expert. Mais à l’échelle globale, ces pays ne constituent pas un organisme économique unifié. Or, cet accord permet de créer un organisme économique unitaire. Les pays-membres se sont promis une assistance mutuelle sans effectuer une véritable intégration économique. 100 milliards de dollars, c’est une somme considérable, qui pourrait être utilisée pour développer l’infrastructure, et des projets sérieux avec un rendement à long terme garanti ».

    Selon les analystes, la fondation d’une Nouvelle banque de développement et la création d’un pool de réserves de change pourra augmenter sensiblement la capacité des entreprises des pays des BRICS à attirer des capitaux, alors que les pays du G7 sont peu enclins à investir dans leur économie. Les BRICS ont déjà critiqué à maintes reprises les pays occidentaux pour la répartition inéquitable des quotas du FMI. Ce dernier est presque devenu un outil d’influence des Etats-Unis, et en cas d’emprunt des fonds pour réaliser leurs projets, les différents pays du monde se retrouvent souvent dépendants des facteurs politiques. Les pays des BRICS tentent évidemment d’éviter les risques financiers liés à la politique extérieure. La décision BRICS visant à créer des structures parallèles au FMI et la Banque Mondiale semble donc tout à fait logique et opportune. /N

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