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    La Russie et la Chine créent leur bourse du diamant

    La Russie et la Chine créent leur bourse du diamant

    © Photo : RIA Novosti
    Economie
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    Un nouveau centre mondial de vente de diamant pourrait apparaître à Moscou et à Pékin. Le groupe russe Karat, de concert avec la Bourse de l'or de Pékin et la Bourse des actifs financiers de Pékin, mettent en place une bourse des pierres précieuses et semi-précieuses. Le projet bénéficie du soutien du ministère des Ressources naturelles de Russie.

    La Chine a un vif intérêt à pénétrer dans le marché mondial des diamants taillés, des pièces d'or et des pierres précieuses. Pourtant, elle ne possède pas de marque sérieuse. Grâce à la Russie, les pierres précieuses extraites et taillées en Chine pourraient se présenter aux acheteurs sous un jour nouveau.

    Notamment pour les Chinois riches et prêts à débourser peu n’importe quel prix pour une marque renommée. En Chine il y a de plus en plus d'intérêt pour les pièces de luxe et de métaux précieux. La consommation augmente annuellement de 20 à 30 %, voire même de 50% pour certains articles, signale l'expert de l'Ecole des hautes études en sciences économiques Alekseï Maslov :

    « A cet égard, la Chine est très intéressée par la Russie en qualité de fournisseur de pierres précieuses et de consommateur de produits finis. Pour nous aussi, il est très intéressant d'entrer en Chine avec nos pierres précieuses et semi-précieuses, avec nos objets faits de ces pierres, ainsi que de fournir nos diamants sur le marché chinois, rigoureusement réglementé. C'est pourquoi l'idée d'une bourse commune a été très bien choisie ».

    Si cette bourse est créée, le système mondial de vente de ces actifs sera plus transparent, estime le vice-président de la société Maison des pièces d'or Alekseï Viazovski :

    « A l'heure actuelle ce marché est monopolisé par des sociétés mondiales comme De Beers. Si cette bourse apparaît, les acheteurs seront plus à l'aise pour comprendre la formation et le changement des prix et pour comparer les cotes. Tous seraient les gagnants. Nous pourrions diversifier nos acheteurs et leur offrir un marché transparent. La Chine est un des principaux consommateurs de pierres et métaux précieux. La Russie occupe une des premières positions au monde en termes d'extraction et de production d'or et de diamant. »

    Une fois leurs efforts conjugués, les sociétés russes et chinoises pourraient rentrer dans les marchés des pays tiers, estime Alekseï Maslov :

    « Etant donné la forte présence de la Chine en Afrique et en Amérique latine, dans les pays s'occupant de l'extraction et possédant une élite intéressée aux métaux et pierres précieuses, la Russie et la Chine pourraient entrer ensemble dans ces marchés. Aujourd'hui ils sont soit fermés à la Russie, soit d'accès difficile. Il ne s'agit pas tellement d'une hausse des prix, mais plutôt d'une redistribution des parts du marché. Pendant les 5 ou 6 premières années, les ventes pourraient augmenter de 10 à 15 %. Ce serait une progression très considérable ».

    A l'heure actuelle il existe en Chine un marché noir immense de jades de Sibérie et de jadéites. Il s'agit de millions de dollars de revenus qui échappent à l'imposition aussi bien en Russie qu'en Chine. Pis encore, il y a également un marché géant de faux de jade, qui arrivent en Russie via des « importations au noir ». La bourse légalisera et normalisera les canaux de vente des pierres précieuses et rétrécira le champ d'activité des trafiquants et des faussaires. /N

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