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    La BCE veut s’imposer comme régulateur

    La BCE veut s’imposer comme régulateur

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    Economie
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    La décision de la Banque Centrale Européenne (BCE) de commencer le rachat des dettes publiques des Etats de la zone euro – Italie, Espagne, France – a alerté les marchés mondiaux. Les investisseurs ont été mis en état d’alerte par l’absence de déclarations officielles des responsables de la BCE, ainsi que par le moment choisi pour modifier la politique financière par le régulateur européen. On attendait de lui que de telles mesures soient prises, soit il y a quelques semaines, soit vers la fin de l’année.

    Le caractère secret du lancement de la nouvelle étape de la politique anticrise dans la zone euro a son explication. Il est question des mesures qui en plus de ne pas avoir été approuvées par consensus au plus haut niveau politique de l’UE, suscitent différentes appréciations de la part des principaux Etats européens. L’Allemagne, avec son attachement aux principes d’une discipline budgétaire rigoureuse dans les pays membres de l’UE, se tient à part.

    On entrevoit ici deux « facteurs de risque » essentiels. Le premier est qu’en « injectant » activement de l’argent sur les marchés, la BCE prend par là même sur elle les fonctions d’une des principales « planches à billets » dans le monde. Shane Oliver, analyste d’AMP Capital Investors Ltd à Sidney, l’a caractérisé comme une aspiration de la BCE à « remplacer la FED des Etats-Unis à titre de fournisseur de liquidités ».

    L’autre facteur réside en ce que le régulateur européen endosse en fait les dettes et les problèmes des systèmes financiers nationaux. Cela constitue déjà un défi direct à l’Allemagne et à d’autres partisans de l’équilibre budgétaire dans l’UE, a noté dans une interview à La Voix de la Russie le membre correspondant de l’Académie russe des sciences Rouslan Grinberg, qui dirige l’Institut de l’Economie auprès de l’Académie :

    « On peut dire que le problème lui-même a un caractère existentiel. D’une façon ou d’une autre on s’efforce de le résoudre depuis déjà un siècle. Au fond de ce problème il y a la recherche d’un compromis entre les mesures d’encouragement de l’économie et celles d’austérité budgétaire, prévoyant une réduction des dettes et en général une optimisation et un assainissement des finances publiques. »

    Pour le moment on peut dire que la BCE intervient plutôt comme un « sapeur-pompier » que comme un régulateur à long terme, a remarqué dans un entretien avec La Voix de la Russie Maksim Braterski, chef de la chaire de la politique mondiale à la faculté d’économie et de politique mondiale de l’Université nationale de recherches « Ecole supérieure de l’économie » :

    « De telles décisions ont au fond un caractère provisoire. Il convient de prendre des mesures imposant une discipline financière au sein de l’UE. C’est ce qu’avait en vue l’Allemagne quand elle évoquait l’institution du ministère des Finances de l’ensemble de l’UE. Le dit ministère doit réguler, notamment, les limites de l’endettement des pays membres. »

    L’UE se dépêche visiblement d’affermir ses positions d’acteur politique et économique influent. Il ne tient qu’à persuader ses contribuables de « patienter » encore un petit peu, déjà au nom de l’Ukraine, et à la fois à contraindre Kiev lui-même de jouer d’après des règles civilisées. /N

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