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La Turquie abat un Su-24 russe (187)
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Les sanctions russes décrétées contre Ankara suite au crash d’un bombardier russe abattu par l’aviation turque frapperont douloureusement les fournisseurs d'agrumes et l'industrie légère de la Turquie, estime un économiste turc.

La Turquie essuiera de graves pertes à cause des sanctions russes, décrétées suite au crash d’un Su-24 russe abattu en novembre par un F-16 turc au-dessus de la Syrie, à 4 km de la frontière turque, et entrées en vigueur à partir du 1er janvier, a confié à la BBC l'économiste turc Erhan Aslanoglu. 

"Les pertes du business turc pourraient se chiffrer à dix milliards de dollars", a déclaré l'expert. 

Par ailleurs, l'industrie touristique du pays risque de perdre jusqu'à 3,5 milliards de dollars par an. En 2014, par exemple, près de trois millions de Russes ont passé leurs vacances en Turquie. M.Aslanoglu ajoute que le manque à gagner d'Ankara suite à la suspension des projets dans le bâtiment se monterait à 4,5 milliards de dollars.

"Il n'est pas non plus à oublier que la Turquie dépend des livraisons de gaz naturel russe", signale l'analyste.

Selon le ministère turc de l'Agriculture, les sanctions russes visant les biens alimentaires et agricoles peuvent coûter à Ankara 764 millions de dollars. Cet embargo sera particulièrement douloureux pour les fournisseurs d'agrumes, la Turquie étant un gros exportateur de fruits et légumes et un important fournisseur pour la Russie.

"La Turquie produit chaque année 45 à 50 t de fruits et légumes. Nous en exportons environ 5 à 6 %. La crise dans les relations avec la Russie est susceptible d'affecter sérieusement la culture des agrumes", a constaté Muhittin Baran, vice-président de l'Association turque des exportateurs de fruits et légumes. 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan
© REUTERS / Kayhan Ozer/Presidential Press Office

La BBC indique également que les sanctions russes visant Ankara peuvent se répercuter sur l'industrie légère de la Turquie, bien que sa production ne tombe pas officiellement sous le coup des sanctions. 

"Il est très difficile de travailler à présent, bien des magasins étant fermés. Personne n'achète rien", a déclaré à la chaîne britannique Naile Cebic qui vend des complets pour hommes essentiellement sur le marché russe. 

Suite à l'incident avec le Su-24, la Russie a "sérieusement réévalué" ses relations avec Ankara et a adopté à son encontre une série de mesures de rétorsions économiques. Ces sanctions concernent aussi bien le commerce que les investissements ainsi que l’emploi de main-d’œuvre, le tourisme, le transport aérien ou encore la sphère culturelle. 

En outre, Moscou a déconseillé à ses concitoyens de se rendre en Turquie, destination touristique préférée des Russes. Les sanctions comprennent aussi l’interdiction des vols charters entre la Russie et la Turquie, l’interdiction aux employeurs russes d’embaucher des travailleurs turcs à partir du 1er janvier, ou encore l’interdiction des importations de certaines marchandises turques.

La Russie a également décidé de suspendre à compter du 1er janvier l’accord d’exemption de visas entre les deux pays. 

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Tags:
pertes économiques, sanctions, F-16 Fighting Falcon, Su-24, Naile Cebic, Muhittin Baran, Erhan Aslanoglu, Syrie, Moscou, Russie, Ankara, Turquie
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