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    La Chine met la main sur le cyberespace

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    Les sociétés informatiques chinoises rachètent les actifs des entreprises étrangères pour renforcer leur présence dans le cyberespace.

    Un consortium d'investisseurs chinois rachetera la société norvégienne Opera Software ASA, développeur du moteur de recherche Opera, a annoncé le 10 février l'agence Bloomberg.

    Un groupe de sociétés chinoises d'informatique (dont la société de gestion Golden Brick Silk Road, le développeur des jeux Beijing Kunlun Tech Co, le producteur de logiciel Qihoo 360 Software ainsi que la société d'investissement Yonglian Investment Co.) a approuvé les modalités de la transaction d'une valeur totale de 1,2 milliards de dollars conclue avec le 5e producteur de moteurs de recherche le plus populaire dans le monde.

    La Chine, dans sa conquête progressive de l'espace cybernétique global, s'est heurtée à l'emprise de sociétés occidentales. De ce fait, l'acquisition d'Opera par les Chinois est une tentative réussie d'ébranler le monopole des arbitres de la Toile et d'élargir leur contrôle du cyberespace, estime un expert, le lieutenant-colonel à la retraite Andreï Massalovitch.

    "On peut supposer que la Chine verra prochainement de nombreuses acquisition d'actifs visant d'une façon ou d'une autre à obtenir la domination mondiale. Et le moteur de recherche Opera est un actif de ce genre. Ce n'est pas le moteur lui-même qui compte, mais d'autres facteurs. Premièrement, sa portée globale, car c'est à la fois un instrument d'influence de millions des utilisateurs actifs à travers le monde. Deuxièmement, tout moteur de recherche n'est qu'une enveloppe pour un grand nombre d'applications (…) qui surveillent votre vie privée ainsi que vos documents", a indiqué l'expert.

    Pour la direction de la société norvégienne Opera Software ASA, la transaction évoquée ouvre l'accès à la base des clients des sociétés Kunlun et Qihoo en Chine et rend possible son financement par le consortium chinois, ce qui aidera la société à développer son potentiel.

    En ce qui concerne, le développement ultérieur de l'entreprise, l'expert de l'Institut de l'Europe de l'Académie russe des sciences Vladislav Belov note que d'une manière générale, les sociétés chinoises "conservent l'identité" de la société acquise:

    "En réalité, les sociétés chinoises préfèrent de maintenir la stratégie de gestion ainsi que d'autres facteurs inchangés. Cela ne concerne pas l'Afrique, mais en Europe, elles ne ferment pas d'usines, ne réduisent pas de flux de marchandises. (…) Les sociétés chinoises optent pour les actifs des sociétés opérant dans les domaines qui leur permettent de s'installer sur les marchés mondiaux. Ceci les distingue des Américains qui, après la fusion, contrôlent totalement les volumes de production de la société acquise".

    D'après les experts, le motif principal qui pousse la Chine à acheter de grandes marques mondiales est l'aspiration à accéder sur les marchés jusqu'alors fermés ainsi que la possibilité de s'élargir grâce aux actifs étrangers.

    Le janvier 2016 a constitué un mois sans précédent en termes de marchés conclus: la communauté chinoise des affaires a annoncé 82 fusions, absorptions et acquisitions effectuées par des sociétés chinoises, chiffre largement supérieur à celui de l'année précédente, où 55 marchés d'une valeur totale de 6,2 milliards de dollars ont été conclus.

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    Tags:
    marchés, transaction, rachat, fusion, cyberespace, Chine
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