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La Commission européenne a approuvé un plan d'urgence d'approvisionnement en gaz. La Serbie n'est même pas mentionnée dans le texte bien qu'elle soit pays membre de la Communauté de l'énergie. Des experts estiment que la décision de la Commission européenne n'est pas correcte.

Si l'Europe a le Nord Stream-2 en tant que porte, la Serbie se trouverait dans une situation difficile en cas de problèmes avec l'approvisionnement en gaz ukrainien. Grâce au Nord Stream, l'Europe se garantit un approvisionnement alternatif dont le principal consommateur est l'Allemagne, tandis que la Serbie se retrouve laissée pour compte suite à la suspension du projet South Stream.

Le ministère serbe de l'Energie n'a fourni aucun commentaire sur la décision de Bruxelles.

Cette décision de la Commission européenne est déplacée, a déclaré le président de l'Association gazière de Serbie Vojislav Vuletic au journal serbe B92.

L'Union européenne et la Serbie seront dépendantes du gaz russe durant les dix prochaines années, estime M.Vuletic. Selon lui, les projets de livraisons du gaz de schiste américain dans les Balkans ne sont que affabulations. La Serbie ne dispose d'ailleurs pas de moyens pour assurer le financement de tels projets.

Jelica Putnikovic, expert pour le journal économique Balkan Magazin, a pour sa part estimé que la Commission européenne ne s'intéressait pas à la Serbie. "A Bruxelles on répète à longueur de temps que tous les Etats européens doivent créer un réseau de protection conjointe contre les perturbations des livraisons de gaz. L'Union européenne insiste sur la construction d'un gazoduc entre la Serbie et la Bulgarie. Mais, d'abord, les Bulgares n'ont pas de gaz, et puis Bruxelles donne de l'argent à Sofia pour les gazoducs reliant la Grèce et la Serbie tandis que nous devons nous financer nous-mêmes", a-t-il fustigé à Sputnik.

"Nous avons essayé de complaire à toutes les lois européennes, nous avons adhéré à la Communauté énergétique mais tout était en vain: on ne nous considère même pas comme une partie du réseau européen, privilégiant la Bulgarie et la Roumanie. Je pense que c'est en quelque mesure une réprimande pour ce que la Serbie n'a pas infligé de sanctions à la Russie", a fait remarquer M.Putinkovic.

L'expert à l'Institut national de l'énergie de Moscou Alexandre Frolov estime, lui aussi, que la Serbie est prise en otage par la situation politique. Selon M.Frolov, on fait injustement très peu attention à la Serbie car le pays est un centre important d'approvisionnement en gaz dans la région des Balkans. Dans le même temps, l'expert rappelle qu'à l'heure actuelle, aucune menace ne pèse sur les livraisons de gaz en Serbie et en Union européenne. La Russie renonce au transit par l'Ukraine non pour des raisons politiques, mais techniques, car le pays ne modernise pas son infrastructure. Néanmoins, les livraisons de gaz via l'Ukraine se poursuivront jusqu'en 2020. Jusque-là Moscou continuera à travailler sur de nouveaux projets y compris dans la direction du sud, explique M.Frolov.

Selon le président de Gazprom Alexeï Miller, les autorités grecques et italiennes ont soutenu le projet Poseidon, qui prévoit la construction d'un gazoduc à travers la mer Noir et devant desservir la Grèce et l'Italie.

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Tags:
gaz, Nord Stream 2, Nord Stream AG, Union européenne (UE), Alexandre Frolov, Jelica Putnikovic, Vojislav Vuletic, Serbie
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