Economie
URL courte
3543
S'abonner

Les sanctions alimentaires ne font pas du bien à ce secteur en Europe. Or, les Italiens, notamment les producteurs de fromage, cherchent tellement à retrouver le marché russe qu’ils sont prêts à emporter leurs chaînes de production en Russie.

30 projets russo-italiens conjoints sur la production de fromage seront lancés prochainement en Russie. Les autorités et les entrepreneurs des deux pays négocient actuellement à cet égard, a déclaré le ministère russe de l'Agriculture.

Il est prévu que les investisseurs des Apennins construisent leurs propres lignes de productions ou apportent la technologie de production dans les fabriques russes existantes.

L'ancien chef du département de l'élevage du ministère russe de l'Agriculture Vladimir Labinov a expliqué que la présence physique des lignes de la production de fromage sous telle ou telle forme est le seule moyen possible pour les Italiens d'entrer sur le marché russe dans les conditions actuelles.

"Ça peut être un projet conjoint, sous la supervision des spécialistes italiens qui peuvent organiser la production comme il faut, fournir l’équipement nécessaire à crédit et attirer des investissements", a ajouté M. Labinov.

Andrei Danilenko, président de l’organisation Soyuzmoloko, représentant les intérêts de l’industrie laitière russe, estime que c’est une excellente opportunité pour les fromagers italiens.

"Les sanctions, il ne semble pas y avoir de solution, de plus il faut prendre en compte la faiblesse du rouble. Ces deux faits donnent une bonne opportunité de créer une production de fromages de haute qualité, à un prix beaucoup plus compétitif qu’en Europe", a expliqué M. Danilenko.

Il a également ajouté que certaines sociétés italiennes ont déjà commencé à produire des fromages à pâte dure comme le parmesan.

Dès 2014, les fabriques russes ont entamé la production de fromages des variétés italiennes, dont le plus populaire est la mozzarella. Elle est produite dans les régions de Tioumen et de Sverdlovsk, ainsi que dans l'Extrême-Orient du pays. Les fromagers russes utilisent des équipements européens et invitent des spécialistes italiens. Cependant, la qualité de la mozzarella russe est encore médiocre.

L’un des problèmes est la qualité du lait utilisé pour produire la mozzarella en Russie. Les fromagers sont contraints de prendre du lait bas de gamme car du lait de la catégorie Extra coûte trop cher et par conséquent le prix de ce fromage est trop élevé.

Les relations russo-européennes se sont considérablement détériorées sur fond de crise en Ukraine, tout particulièrement après le rattachement de la Crimée à la Russie survenu à l'issue d'un référendum en mars 2014. Les pays de l'Union européenne ont d'abord introduit des mesures restrictives contre des personnes physiques, en vigueur jusqu'au 15 septembre 2016. Par la suite, des mesures restrictives sectorielles valables jusqu'au 31 juillet ont été imposées, ainsi que des sanctions contre la péninsule de Crimée, valides jusqu'au 23 juin.

En réponse, la Russie a interdit les importations de produits alimentaires provenant des pays ayant imposé les sanctions.


Lire aussi:

Viandes et fromages: huit producteurs suisses peuvent exporter en Russie
Une usine française transforme le fromage en énergie
Spéculation agricole: l'autonomie alimentaire de l'Europe est-elle menacée?
La France rappelle ses ambassadeurs à Washington et Canberra pour consultations
Tags:
Russie, Europe, Italie, ministère russe de l'Agriculture, agriculture, embargo, agriculteur, alimentation, fromages, coopération, lait, crise agricole, production
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook