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Référendum sur le Brexit et réactions (2016) (188)
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Depuis le vote des Britanniques en faveur du Brexit, les grands patrons du royaume ne cachent pas être désemparés face à l’incertitude, alors que la question de l’indépendance de l’Écosse revient à l’ordre du jour, ses habitants ayant voté à 62% pour rester au sein de l’UE.

L'incertitude entourant le divorce du Royaume-Uni avec l'Union européenne s'est aggravée encore plus cette semaine, Londres et Bruxelles ne parvenant toujours pas à trouver des compromis sur les conditions du Brexit, ce qui mine la confiance des entreprises des deux côtés de la Manche et fait glisser la livre et l'euro vers le bas face au dollar, constatent les médias.

Six mois après le Brexit, l'économie britannique est toujours plus fébrile, alors que l'Écosse demande à rester dans le marché unique, sinon à quitter le Royaume-Uni. La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, dont l'objectif prioritaire est de rester dans le marché unique, car 80 000 emplois en Écosse en dépendent, s'est même déclarée prête à organiser un deuxième référendum sur l'indépendance.

Bien des analystes supposent qu'au vu du chaos qui règne à Londres depuis le vote pro-Brexit, mieux vaut peut-être pour les Écossais se séparer effectivement du Royaume-Uni. Ils signalent que les résultats du référendum sur le Brexit montrent un pays divisé, avec Londres, l'Écosse et l'Irlande du Nord qui voulaient rester au sein de l'UE, tandis que le nord de l'Angleterre et le Pays de Galles ont largement voté pour la sortie.

« Ces résultats risquent de mettre en péril l'intégrité du Royaume-Uni », préviennent les experts.

Qui plus est, le Brexit ouvre une longue période d'incertitude avec des conséquences imprévisibles pour les entreprises britanniques, le commerce et l'attraction des investissements dans le royaume. Le Brexit fait dégringoler la livre sterling, et les investisseurs prévoient des turbulences pour l'économie britannique dans son ensemble.

Les règles européennes prévoient deux ans de négociations après le déclenchement du fameux article 50, qui ouvrira officiellement les négociations de retrait.

Les négociations pour organiser la sortie de l'UE doivent démarrer au printemps. Six mois après le Brexit, les responsables économiques du pays sont toujours dans l'expectative.

Pour le moment, la victoire du Brexit ne se fait pas ou peu sentir dans les grands indicateurs économiques. Mais, selon la tournure que prendront les négociations de sortie de l'UE, elle devrait produire ses effets dès l'an prochain, qu'il s'agisse du retour de l'inflation qui impacterait les revenus des ménages et probablement la consommation. Qui plus est, l'activité, après avoir résisté cette année, pourrait subir un coup de frein.

La première ministre britannique Theresa May martèle que « Brexit signifie Brexit », mais le sens profond de cette phrase n'est pas aussi évident.

Une chose est sûre, Mme May est attendue par ses électeurs sur sa promesse de mettre fin à la libre arrivée des travailleurs étrangers au Royaume-Uni. Dans le même temps, les chefs d'entreprises espèrent profiter de la chute de la livre sterling pour exporter davantage.
Quoi qu'il en soit, l'équipe dirigée par Theresa May est divisée entre partisans de la fermeté et de l'apaisement vis-à-vis de l'UE, dont les dirigeants sont formels, en déclarant qu'il n'y aura pas d'accès au marché unique sans libre circulation de travailleurs.

Le gouvernement britannique a emprunté un peu plus que prévu le mois dernier mais reste en course pour atteindre le nouvel objectif de réduction du déficit, moins ambitieux que le précédent, défini par le ministre des Finances Philip Hammond.

Selon des données publiées mercredi par l'Office des statistiques nationales (ONS), le déficit, hors secteur bancaire, est ressorti à 12,6 milliards de livres (15 milliards d'euros), en baisse de 4,4% sur un an.

Somme toute, pour le moment, l'économie britannique a largement résisté au choc initial du Brexit, mais le taux de chômage risque d'augmenter l'an prochain, vu les incertitudes autour des futures relations du pays avec l'UE.

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Tags:
inflation, négociations, dollar US, euro, livre sterling, économie, Brexit, Office des statistiques nationales (ONS), Union européenne (UE), Philip Hammond, Nicola Sturgeon, Theresa May, Irlande du Nord, Pays de Galles, Angleterre, Écosse, Bruxelles, Londres, Royaume-Uni
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