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    Une nouvelle crise financière guette l’UE

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    Si rien ne change, certains pays très endettés pourront suivre l’exemple du Royaume-Uni et sortir de l'Union européenne, a estimé dans un entretien avec Sputnik le responsable de la stratégie Forex de la Saxo Bank, John Hardy.

    Certains pays de l'Union européenne pourraient être tentés par un scenario à la Brexit, et l'Italie en est sans doute l'un des premiers candidats, a déclaré à Sputnik l'expert en stratégie monétaire John Hardy, de la Saxo Bank.

    « L'économie de ce pays est tout simplement stagnante. Ils [les Italiens, ndlr] ont une dette immense. L'Italie a besoin de réformes structurelles », a déclaré l'interlocuteur de l'agence.

    Et d'ajouter que l'Espagne et le Portugal étaient eux aussi confrontés à des problèmes, mais que leurs gouvernements arrivaient à les gérer pour le moment.

    « À mon avis, le problème réside dans la structure générale. L'Union européenne a une seule banque centrale et une monnaie unique, mais les innombrables structures fiscales européennes n'ont pas de dettes réciproques. La Banque centrale européenne (BCE) a essayé de résoudre ce problème par des émissions. On dirait que l'économie va mieux. […] Mais qu'en est-il de cet argent ? L'Italie pourrait-elle rembourser sa dette ? Non. Et la Grèce, pourrait-elle rendre l'argent à ces créanciers ? Non, tout comme le Portugal et d'autres. Tout se réduit au problème structurel qu'il faut résoudre », a souligné M. Hardy.

    Selon ce dernier, sur le plan financier, le Portugal se trouve dans une situation encore pire que l'Italie, mais les Portugais sont toujours attachés à leur participation à l'UE bien qu'elle leur coûte cher.

    « Bien que la situation de l'Italie soit plus compliquée, elle tient à l'euro, n'oubliant pas l'époque de la dévaluation galopante de sa lire. Quoi qu'il en soit, son économie ne croît pas tant qu'elle reste dans la zone euro. Il faut qu'une partie de sa dette soit annulée. Et le seul moyen d'y parvenir consiste à introduire le principe des dettes réciproques », a indiqué l'expert.

    Il se prononce en faveur d'une intégration fiscale, sinon la récession reviendra dans une année ou deux.

    « Et alors le problème structurel redeviendra actuel, car personne n'a essayé de le résoudre pour de bon, la Banque centrale ne faisant en fait qu'émettre de l'argent pour maintenir le fonctionnement du système », a constaté l'interlocuteur de Sputnik.

    Selon lui, L'Allemagne contrôle pour beaucoup la politique financière de l'UE, et en est également le principal bénéficiaire.

    «La faiblesse de l'euro a favorisé l'économie allemande. […] L'Europe a toutefois besoin d'une large intégration fiscale, ce qui n'est pas du tout facile à réaliser dans la zone d'une monnaie unique. L'Allemagne devrait augmenter l'inflation et affaiblir sa compétitivité par rapport à la périphérie de l'UE. Il est vrai que cette idée n'est pas soutenue par l'actuel gouvernement allemand», a regretté M. Hardy.

    Et de conclure que pour le moment, l'Allemagne constituait sans doute le principal problème de l'Europe.

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