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    Bitcoin et banques traditionnelles: la coexistence pacifique est-elle possible?

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    Le bitcoin est une «escroquerie» qui va imploser, a affirmé ce mardi Jamie Dimon, le PDG de la banque JPMorgan. Comment réagir à cette attaque? Un expert financier décrypte au micro de Sputnik l’hostilité du banquier envers la crypto-monnaie.

    La monnaie cryptographique le plus célèbre du monde, le bitcoin, «ne va pas bien finir», a déclaré le directeur général de JPMorgan Chase, Jamie Damon, lors d'une conférence sur la finance à New York. Cette monnaie va imploser, a-t-il déclaré, ajoutant que seuls les meurtriers, les trafiquants de drogue et les résidents de la Corée du Nord, de l'Équateur et du Venezuela pouvaient investir dans cette «escroquerie».

    «Cette monnaie ne va pas marcher. On ne peut pas avoir un système où des gens créent une monnaie avec du vent et penser que les gens qui l'achètent sont vraiment malins», a-t-il insisté.

    Gordon Fletcher, co-directeur du Centre for Digital Business de l'Université de Salford, a décrypté pour Sputnik le commentaire de M.Damon sur le bitcoin. Les industries bancaires et financières résistent de toutes leurs forces aux changements dans le système et prônent de manière très prudente leur modèle d'entreprise, a-t-il estimé.

    «La crise bancaire a été en partie le résultat des vues conservatrices d'un cercle de vieux amis qui supposent que tous les acteurs de ce secteur joueront selon les règles. Mais cela ne s'est pas produit», déclare l'expert.

    D'après lui, n'ayant pas assez de connaissances sur la technologie de fonctionnement des crypto-monnaies, les banquiers commencent à se faire de la bile. «Traditionnellement dans la sphère financière, la confiance est un contrat entre des gens, et pas avec quelque chose de créé par le cryptage et l'échange public de données», a-t-il déclaré.

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    M.Fletcher poursuit en expliquant pourquoi la banque JPMorgan ne crée pas sa propre crypto-monnaie. Selon lui, les institutions plus grandes et anciennes ont leur propre intérêt à maintenir leur position dominante sur le marché. Les banques traditionnelles ont besoin que le système actuel dure le plus longtemps possible afin de bénéficier de la reprise actuelle consécutive à la crise bancaire de 2008.

    «Cela contredit le modèle d'entreprise actuel des banques traditionnelles, car cela repose en grande partie sur la capacité à gérer. La situation est similaire à celle de la presse écrite face au développement des chaînes d'information numériques. (…)Le plus grand dommage que la banque peut infliger aux devises cryptographiques est d'accepter ce concept et de développer sa propre monnaie cryptographique en tant que concurrent à celles existantes», a déclaré le directeur.

    La monnaie cryptographique peut-elle remplacer la monnaie ordinaire? Elle pourrait au moins coexister avec les devises traditionnelles, estime l'expert.

    «Il est possible qu'un groupe de nations qui mènent un commerce actif entre eux développeront leur propre version de l'euro en tant que crypto-monnaie. Mais cette innovation peut être adoptée par des groupes inattendus, peut-être, par le Groupe de Cairns, la Coopération économique Asie-Pacifique, ou encore les pays de l'océan Pacifique», a-t-il conclu.

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