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    Une pétition pour la levée des sanctions antirusses sur le site du Bundestag

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    «Les sanctions économiques contre la Russie n’ont pas atteint leur but politique. Les conséquences économiques, liées également aux contre-mesures russes, deviennent de plus en plus claires, notamment pour la partie allemande»: l’entrepreneur allemand K. Essig explique à Sputnik pourquoi il demande aux autorités de lever les sanctions antirusses.

    Karlheinz Essig, propriétaire de l'entreprise sidérurgique allemande Rosswag, a publié sur le site du Bundestag (parlement allemand) une pétition exigeant de mettre un terme aux mesures restrictives à l'encontre de la Russie décrétées par l'Union européenne.

    Dans une interview accordée à Sputnik, l'homme d'affaires précise les raisons qui l'on poussé à s'adresser aux autorités de son pays.

    «L'Allemagne ne peut pas se permettre de renoncer à la coopération avec la Russie» étant donné que les Russes «apprécient hautement la qualité des produits allemands», a-t-il expliqué à Sputnik.

    Cependant «le volume des exportations allemandes vers la Russie en 2015 a atteint seulement 50% de celui enregistré en 2012», déplore-t-il en même temps dans sa pétition.

    Il y souligne notamment que les sanctions antirusses produisent un effet «plus nocif que jamais» pour la coopération internationale tandis que l'Allemagne a la «responsabilité particulière» d'améliorer les relations avec la Russie.

    «Les sanctions économiques contre la Russie, que l'UE a introduites et plusieurs fois prolongées, n'ont pas atteint leur but politique. Les conséquences économiques, liées également aux contre-mesures russes, deviennent de plus en plus claires, notamment pour la partie allemande», ajoute l'entrepreneur.

    Karlheinz Essig appelle en outre à ne pas lier la politique avec l'économie, évoquant les rapports entre les sanctions imposées par l'UE et la crise dans l'ouest de l'Ukraine.

    «Par conséquent, la légitimité politique est également insuffisante pour la poursuite des sanctions», résume-t-il.

    Selon les estimations officielles de la Commission européenne, trois ans après l'adoption de ces sanctions par les USA, l'UE et certains pays en 2014 suite aux événements en Ukraine, puis l'embargo décrété par Moscou interdisant l'importation de produits agricoles en provenance de ces pays, les pertes économiques des pays de l'UE s'élèvent à 90 milliards de dollars. Les estimations d'autres institutions sont bien plus importantes: en été 2015, l'Institut autrichien d'études économiques parlait de 100 milliards d'euros de pertes pour les pays de l'UE et désignait l'Allemagne comme la principale victime du régime de sanctions.

    Le dernier sondage conjoint de la Chambre du commerce extérieur germano-russe et du Comité oriental de l'économie allemande mené auprès de 190 compagnies allemandes travaillant en Russie montre que la grande majorité d'entre elles (91%) prône l'annulation immédiate ou progressive des sanctions économiques.

    Le 2 août, le Président américain Donald Trump a signé la loi introduisant de nouvelles sanctions contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord. Ce document permet notamment au Président d'imposer des sanctions aux personnes investissant dans la construction des gazoducs russes d'exportation une somme supérieure à cinq millions de dollars par an ou à un million de dollars en une seule fois. La loi dispose en outre que les États-Unis continueront de s'opposer au projet de construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne.

     

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    Tags:
    politique, économie, sanctions antirusses, Bundestag, Allemagne, Russie
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