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    Adossés à l’or, aux diamants, au pétrole, que valent réellement les «rivaux» du bitcoin?

    © Sputnik. Vladimir Astapkovich
    Economie
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    Elena Semionova
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    D’une part, des mises en garde contre les risques que présentent les crypto-monnaies et, de l’autre, la montée en flèche du cours du bictoin et l’émergence de nouvelles devises virtuelles qui prétendent offrir des garanties – il y a de quoi s’y perdre. Sputnik a tenté d’y voir plus clair.

    La Deutsche Bank a mis en garde la semaine dernière contre les investissements privés dans les bitcoins, cette crypto-monnaie dont la valeur a franchi le 26 novembre la barre des 9.000 dollars, motivant ses recommandations par les fortes fluctuations des monnaies virtuelles et par le manque de réglementation de leur marché. Elle rejoint ainsi la liste des structures financières ayant attiré l’attention sur les dangers liés aux monnaies numériques. Pour rappel, dans son rapport publié le 20 novembre dans The Telegraph, BNP Paribas s’y était également attaquée pour des raisons similaires soulignant que leur avenir était limité en raison de l’absence d’«un prêteur en dernier ressort».

    Des crypto-monnaies adossées à des biens tangibles

    Les critiques à l’égard du bitcoin et des autres crypto-monnaies purement numériques allant croissant, des devises virtuelles adossées à des biens tangibles (ou du moins prétendant l’être) ont vu le jour au cours de ces derniers mois.

    Ainsi, le bilur, monnaie virtuelle indexée sur le pétrole, a été  émise en mai dernier à Genève par la société londonienne R Fintech. Pour lancer cette «première cryptomonnaie avec une vraie valeur», comme la présentent ses concepteurs, la société et ses partenaires ont acheté un million de barils de brut, stockés au Texas. 1 bilur vaut une tonne équivalent pétrole, soit 6,481 barils de Brent. «Au fur et à mesure du développement du bilur, davantage de pétrole sera acquis, ses réserves stockées se chiffrant en milliards de barils», indique la société dans son communiqué de presse.

    Cette initiative est loin d’être isolée. L’économiste et mathématicien russe Vladimir Frolov a lancé l’été dernier à Singapour le service Copernicus Gold (CPN Gold), proposant des crypto-monnaies liées au stock d’or réel conservé dans ce pays asiatique.

    En outre, une crypto-monnaie garantie par des diamants devrait voir le jour en Russie en 2018. Baptisée D1 Coin, chaque unité de cette devise sera adossée à 1/1000 carat de diamant de la compagnie Alrosa.

    Une alternative offrant plus de garanties?

    Le fait que ces crypto-monnaies sont adossées à des biens tangibles les rend-il plus sûres que le bitcoin, le litecoin, le dash et d’autres encore? D’un point de vue purement théorique, le pétrole et les autres biens tangibles peuvent offrir plus de sécurité. Toutefois, comme dans le cas du bictoin, on se heurte encore une fois au manque de réglementation dans le domaine.

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    © Sputnik. Vladimir Astapkovich
    En contrepartie, comme le rappelle à Sputnik Kira Egorova, chargée des relations de presse de la plateforme de bookbuilding blockchain ICOadm.in, ni l’euro, ni le rouble, ni le dollar ne sont plus adossés à des réserves d’or depuis longtemps – cette règle ne fonctionne plus depuis les années 1970. Comme dans le cas des valeurs conventionnelles, le prix des crypto-monnaies est soumis aux lois du marché et dépend de l’offre et de la demande.

    «Par exemple, la montée en flèche  du cours du bitcoin peut s’expliquer par le fait que cette monnaie est de plus en plus difficile à miner», explique-t-elle.

    Alexandre Chevtsov, fondateur du projet de justice sur blockchain Jury.Online, partage son avis et souligne qu’en fait la monnaie fiduciaire n’est que du papier, papier qui circule sur un territoire donné. Chaque État garantit à ses citoyens que ces papiers sont acceptés sur tout son territoire.  

    «Dans le cas des crypto-monnaies, le principe reste le même: si la monnaie circule et si on l’accepte en tant qu’unité de paiement et de change, c’est qu’elle est garantie», argumente M.Chevtsov dans le commentaire qu’il a donné à Sputnik.

    Mais comme le rappelle Mikhaïl Tchobanian, fondateur de l’agence bitcoin Kuna, nul ne vous donnera de garanties dans le domaine du bitcoin. «Un jour, la difficulté du minage des bitcoins deviendra énorme et personne ne sait comment cela se répercutera sur son prix. Or, si le cours reste stable, la plupart de ceux qui s’y sont lancés ne gagneront rien et travailleront sur le retour sur investissement», explique-t-il dans une interview accordée à la chaîne Zvezda. Pavel Salas, directeur général d’eToro Russia&CIS, conseille pour sa part aux dilettantes de s’abstenir. Selon lui, le minage doit être réservé aux professionnels.

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    Tags:
    mise en garde, diamants, crypto-monnaie, bitcoin, or, banques, économie, pétrole
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