Ecoutez Radio Sputnik
    Dollar

    Dollar non désiré? Pourquoi les investisseurs vendent les actions des banques US

    CC BY 2.0 / frankieleon / go find me another one
    Economie
    URL courte
    14630

    Les investissements dans les banques américaines diminuent depuis deux semaines, c'est la baisse la plus longue de ces 20 dernières années. Mais qu'est-ce qui préoccupe les investisseurs et pourquoi les banques les perdent-elles?

    La baisse la plus longue depuis une vingtaine d'années: les investisseurs ne souhaitent plus acheter les actions des banques américaines. Conséquence des investissements rétrécis — l'indice BKX a chuté de 11% en trois mois. La capitalisation totale des acteurs du secteur financier américain a de son côté baissé d'environ un quart en six mois.

    Héritage d'Obama

    La première torpille dans le secteur bancaire du pays a été lancée il y a quelques années, lorsque la direction de la Réserve fédérale (Fed) a réalisé une acquisition à grande échelle des obligations chez les acteurs du marché. Il était prévu que les fonds acquis de la vente des titres de créance soient canalisés sur les investissements productifs.

    Or, le plan n'a pas le succès escompté. Les corporations n'ont pas trouvé assez de variantes de financement dans le pays et ainsi une partie des fonds a été engloutie dans la spéculation boursière, tandis que le reste, la plupart de l'argent, a demeuré sur des comptes de dépôts.

    Salutations de Trump

    Le système financier a essuyé un coup dur en raison de la guerre commerciale. Immédiatement après que le Président Trump a annoncé des droits de douane sur l'acier et l'aluminium au mois de mars, l'indice BKX a diminué de 7,3%.

    Les experts soulignent que la vente d'actions a débuté en Chine, sur les bourses de Shanghai et de Hong Kong, puis s'est étendue aux bourses aux États-Unis et dans d'autres pays. Les investisseurs ont pertinemment estimé que, dans les conditions d'une guerre commerciale, les sociétés préféreraient s'abstenir de nouveaux prêts, ce qui ne tardera pas à nuire aux activités bancaires. Ces craintes se sont confirmées.

    Un autre facteur concerne la politique monétaire de la Réserve fédérale des États-Unis. En mars, le taux de refinancement a été augmenté de 0,25 point de base et encore autant à la mi-juin.

    En même temps, la dette publique continue de croître et a déjà atteint 21.000 milliards de dollars. Des parlementaires américains supposent que ce problème ne peut être résolu que durant les 10 prochaines années. Après cette période, la dette étouffera finalement le système financier du pays. Alors que certains sont sûrs que le point de non-retour a déjà été franchi.

    «Le pays dépense plus qu'il reçoit et est contraint d'emprunter de l'argent», a mis en garde le membre du Congrès Andy Biggs. «Je pense que nous nous dirigeons vers l'abîme».

    Scénarios probables

    Pour l'instant, le scénario le plus probable consiste en une forte dévaluation du yuan contre le dollar — une réponse asymétrique aux nouveaux droits de douane américains dont a parlé Pékin. C'est-à-dire que les prix des produits américains sur les marchés mondiaux vont augmenter par rapport à leurs équivalents chinois. Par conséquent, les entreprises ont encore moins de raisons d'emprunter pour investir.

    En outre, les perspectives de l'abandon du dollar par de nombreux pays deviennent de plus en plus évidentes. Donc, le besoin de crédits commerciaux en dollars va fortement s'affaiblir. Autrement dit, les banques américaines pourraient s'avérer être non nécessaires dans le monde de demain construit sur la base du protectionnisme et des monnaies locales.

    Lire aussi:

    Pourquoi la Russie retire-t-elle son argent de la dette publique américaine?
    Après le «lundi noir», le système financier international irait-il vers un krach?
    Où sont passés les milliards russes après la vente des obligations américaines?
    Tags:
    droits de douane, conséquences, guerre commerciale, yuan, avenir, bourse, marché, chute, dollar US, actions, banques, investisseurs, investissements, économie, Donald Trump, Barack Obama, Chine, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik