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    L'Algérie veut développer son secteur des hydrocarbures et part à l'assaut de l'Amérique

    © AFP 2018 FAROUK BATICHE
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    L'Algérie a adopté un nouveau texte de loi sur les investissements dans le secteur des hydrocarbures et de son adaptation au contexte international pour attirer les sociétés pétrolières étrangères.

    La nouvelle loi sur les hydrocarbures sera prête au début de l'année 2019, mais l'Algérie commence d'ores et déjà à en faire la promotion. Notamment à l'occasion de sa participation à la 27e Conférence mondiale sur le gaz qui s'est tenue du 25 au 29 juin à Washington. Le ministre de l'Énergie et le PDG de Sonatrach étaient à la tête d'une délégation qui a rencontré de grands opérateurs mondiaux pour évoquer le développement de partenariats, ainsi que l'amendement de la loi sur les hydrocarbures qui devrait doper les investissements dans ce secteur, a déclaré mercredi dernier le ministre algérien de l'Énergie, Mustapha Guitouni, cité par le quotidien L'Expression.

    Tirant l'essentiel de ses revenus en devises de ce secteur, l'Algérie a décidé de le dépoussiérer pour élargir son champ d'action et le mettre en valeur, d'autant plus que la concurrence y est rude.

    Pour commencer, il importe de lutter contre la bureaucratie qui peut décourager le plus audacieux des investisseurs.

    «La tendance a été inversée, ce ne sont plus les entreprises qui se bousculent pour l'investissement à l'international, a fait remarquer le ministre. Il faut se mettre au diapason et épouser cette dynamique.»

    Évoquant la règle des 51-49%, imposant que la majorité des parts soit détenue par les partenaires algériens dans tout projet d'investissement avec des partenaires étrangers, Mustapha Guitouni a indiqué qu'elle ne posait pas de problème à ces derniers.

    «Ce sont plutôt les lenteurs administratives qui ont été soulevées», a-t-il noté, soulignant que son secteur avait pris note des doléances formulées lors des portes ouvertes organisées par l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures.

    «Outre la fiscalité, il y a aussi une bureaucratie devenue obsolète», a-t-il rappelé.

    En effet, l'une des principales demandes des groupes pétroliers réside dans les délais entre le dépôt du permis de prospection et l'exploitation, délais qui s'éternisent. De nombreux secteurs qui y ont leur part de responsabilité, seront impliqués pour alléger ce type de démarche.

    En outre, la nouvelle loi devrait «aller dans le sens du partage de production qui induit par conséquent un partage de risques», a poursuivi Mustapha Guitouni, ajoutant que l'Algérie veillerait à ses intérêts, tout en assurant le principe gagnant-gagnant.

    Le partenariat étranger est incontournable, a-t-il constaté. C'est la tâche à laquelle s'attelle Sonatrach qui est partie à la chasse aux compagnies étrangères pour découvrir de nouveaux gisements et accroître sa production. A Washington, son PDG a eu deux rencontres avec les dirigeants du géant ExxonMobil qui a affiché son intérêt pour l'investissement en Algérie.

    «Une équipe technique de la major américaine se trouvait actuellement à Alger pour examiner les opportunités de partenariat sur des projets bien précis», a annoncé le PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, qui a aussi relancé le groupe américain Anadarko sur l'exploitation de nouveaux puits dans le pays. Le groupe américain, plus grand producteur de brut parmi les partenaires de Sonatrach, a promis de présenter prochainement une proposition finale sur cet investissement d'un milliard de dollars.

    En ce qui concerne le partenariat, l'Algérie regarde également du côté de Chevron, qui a d'ores et déjà exprimé le souhait de s'associer au projet de création d'une société de trading lancé par Sonatrach, du groupe nippon Coo Itochu, de l'italien Enel et du britannique Petroceltic.

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    Tags:
    partenariat, bureaucratie, hydrocarbures, investissements, gaz, ExxonMobil, Sonatrach, Chevron Corp, Alger, Algérie, Washington
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