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    En moins de 20 ans, deux fois plus d’or a été sorti du Mexique qu’à l’époque coloniale

    En moins de 20 ans, deux fois plus d’or a été sorti du Mexique qu’à l’époque coloniale

    © Sputnik . Sergey Subbotin
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    Une multitude de projets d’extraction de minéraux utiles sont développés à présent sur au moins 18% du territoire du Mexique par des compagnies à 75% canadiennes. L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) n’a rien donné de bon au Mexique, et il est même néfaste pour le pays, a déclaré à Sputnik la militante mexicaine Ivette Lacaba.

    Rien qu'entre 2001 et 2017, les transnationales ont extrait au Mexique deux fois plus d'or que les Espagnols n'en avaient sorti en 300 ans de colonisation, lit-on notamment dans le livre paru au début de l'année en cours et intitulé «Le Mexique à ciel ouvert» qu'on doit au journaliste Jesus Lemus qui l'explique par l'accord de libre-échange, signé par les gouvernements des trois pays nord-américains et entré en vigueur le 1er janvier 1994.

    «Avec l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), une loi est entrée en vigueur qui a permis aux compagnies minières de faire tout ce qu'elles veulent et leur a même donné des préférences par rapport à n'importe quelle autre production», a rappelé à Sputnik la militante mexicaine Ivette Lacaba.

    Depuis, 22.000 concessions pour 1.400 projets d'extraction de minéraux utiles sur 16 à 18% du territoire mexicain ont été délivrées, alors que des sociétés d'origine canadienne ont reçu 75% de ces concessions.

    L'interlocutrice de l'agence a rappelé que l'exploitation des mines avait changé. Il ne s'agit plus au Mexique de tunnels, mais d'exploitations à ciel ouvert quand on dynamite la terre pour ouvrir un cratère et en extraire du minerai à basses concentrations.

    «On extrait beaucoup d'or et d'argent, même des mines déjà épuisées de l'époque coloniale. […] Une mine souterraine n'est pas à comparer à une exploitation à ciel ouvert. Cette dernière affecte beaucoup plus l'environnement, parce qu'on y utilise beaucoup d'eau et de cyanure ou de mercure pour séparer l'or et l'argent des autres minéraux», a expliqué Mme Lacaba.

    Et d'ajouter qu'un tel moyen de production ne permettait d'extraire que de très faibles quantités de minerai de tonnes de roche.

    «Nous le qualifions de pillage à ciel ouvert, parce que c'est tellement bon marché qu'il est rentable de tirer 0,4% ou même 0,3% de gramme de métal précieux d'une tonne de roche explosée», a résumé l'interlocutrice de Sputnik.

    Lingots d'or
    © Sputnik . Vitaliy Bezrukikh

    Analysant l'activité des mines d'or canadiennes au Mexique, bien des observateurs concluent qu'il s'agit sans doute de «l'un des plus importants pillages de l'ère moderne». Pour le secteur minier canadien, l'ALENA donne en fait la possibilité de piller le maximum de métaux, sans investissement majeur et sans éthique.

    Considérées par la loi comme égales aux compagnies mexicaines, les entreprises canadiennes peuvent engranger des profits incroyables et les rapatrier au Canada en laissant aux communautés d'origines des miettes et une destruction environnementale. Le Mexique est le marché minier le plus profitable pour le Canada puisque les compagnies peuvent signer des concessions prolongées en ne payant que des frais symboliques pour chaque hectare exploité.

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    concessions, pillage, cyanure, mercure, extraction, minéraux, minerai, mine, Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA), Sputnik, Ivette Lacaba, Amérique du Nord, Canada, Mexique
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