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    La Maison Blanche devient-elle folle? Trump accusé d'ignorance économique

    © Sputnik . Michail Kutuzov
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    La valeur des actions des plus grandes compagnies américaines pourrait être divisée par deux, estime David Stockman, ancien directeur du Bureau du budget du Congrès américain sous Reagan. D'après lui, le marché boursier s'effondrera immédiatement après le prochain sursaut des indices boursier.

    Quels risques encourt l'économie américaine à cause de l'administration Trump et pourquoi les experts ne croient-ils pas au scénario positif?

    Ignorance économique

    «Il n'y aura pas de fin heureuse. Nous menons des guerres commerciales pratiquement avec le monde entier, et la situation continue d'empirer parce que Donald Trump n'est pas satisfait du résultat. C'est la preuve d'ignorance économique dans le commerce», a déclaré David Stockman sur la chaîne américaine CNBC.

    La raison principale de l'effondrement imminent des marchés boursiers, selon lui, est la crise dans le commerce avec la Chine. D'après l'expert, l'économie des USA n'est pas suffisamment forte pour faire face à ses conséquences, notamment quand on sait que le déficit budgétaire avoisinera 607 milliards de dollars en 2018, et qu'il doublera pratiquement pour atteindre 1.100 milliards de dollars, soit 5,7% du PIB, en 2019, selon les pronostics de Bipartisan Policy Center. Autrement dit, il atteindra le même niveau qu'après la récession des années 1980.

    La seule issue est l'accélération de l'élargissement du commerce international, susceptible de conduire à l'ascension de l'économie mondiale. Cependant, les taxes contre les produits de la Chine, de la Turquie et d'autres pays, au contraire, réduiront les échanges de 0,3% dès cette année, affirme Soren Skou, directeur exécutif de Maersk.

    Dans une interview accordée à l'agence Bloomberg, le dirigeant du plus grand transporteur de fret mondial note que l'effet négatif des taxes d'importation sera dix fois plus important pour Washington que pour ses concurrents.

    Le fait est que dans les guerres commerciales actuelles, les pays émergents sont protégés par l'effet de substitution: les voisins de la Chine dans la région Asie-Pacifique rempliront volontiers les rayons des magasins chinois de leurs produits à la place des marchandises américaines.

    Pour la Russie, c'est encore plus simple: depuis l'adoption des premières sanctions en 2014, les échanges entre Moscou et Washington se sont réduits jusqu'à la somme dérisoire de 23,1 milliards de dollars. En 2017, selon le Service fédéral des douanes russe, le commerce extérieur total du pays a atteint 584 milliards de dollars, dont 357 milliards d'exportations.

    Alors que les USA dépendent bien plus des importations. Même les marques américaines traditionnelles comme Nike et Apple fabriquent la majeure partie de leurs produits en Chine. C'est pourquoi elles souffrent quand des barrières douanières sont érigées.

    Une bulle

    Un autre grand risque pour la bourse américaine est la surestimation évidente des géants informatiques du groupe des FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix et Google). Cette année, la croissance du marché boursier américain est assurée à 80% par ces cinq compagnies.

    Cependant, les rapports financiers de la plupart d'entre elles affichent un effondrement sans précédent sur le marché: Facebook a perdu 20% de sa valeur, soit 130 milliards de dollars, et Netflix 15% (moins 24 milliards de dollars). Toutefois, le bilan trimestriel d'Apple affiche 17% de hausse des recettes — jusqu'à 53,3 milliards de dollars.

    Néanmoins, deux célèbres gérants de fonds alternatifs en Europe, Greg Koffi et Russel Clark, ont mis en garde les clients contre les investissements dans l'industrie des technologies de l'information, notant que la situation sur le marché gonflé du secteur high-tech reproduisait exactement la crise spéculative de l'internet 18 ans plus tôt (Dot-com bubble).

    En mars 2000, l'indice Nasdaq a atteint le record de 5046,86 points, après quoi les investisseurs ont commencé à constater le profit d'une vaste vente d'actions des start-ups technologiques. Au final, au 9 octobre 2002, le Nasdaq Composite s'est effondré pour atteindre son minimum de 1114,11 points.

    Des dettes qui ne coûtent rien

    La situation sur le marché des obligations américaines n'ajoute pas d'optimisme au tableau général. La préoccupation des investisseurs n'est pas due seulement aux guerres commerciales, mais également à la rentabilité extrême des obligations: 2,7% pour les obligations sur 3 ans, et presque 3% pour les obligations sur 10 ans.

    Cela s'explique par la diminution du nombre général de titres dans les portefeuilles des investisseurs, et par l'augmentation du taux directeur de la Réserve fédérale (Fed) qui, selon les prévisions de Morgan Stanley, augmentera encore deux fois cette année. De facto, cela signifie que les USA ont besoin de plus en plus d'argent pour desservir la dette publique, qui a atteint la somme astronomique de 21.000 milliards de dollars, soit presque 109% du PIB.

    Les investisseurs savent qu'après le crash boursier, Washington sera incapable de payer ses dettes — et se débarrassent donc des actifs publics sans garanties. Cette année, la Chine a réduit ses investissements dans la dette publique américaine jusqu'à 1.180 milliards de dollars et le Japon jusqu'à 1.031 milliards de dollars (le minimum depuis octobre 2011). La Turquie, l'Inde, Taïwan et le Mexique vendent aussi des obligations américaines. La Russie a déjà vendu 84% de celles qu'elle détenait.

    Peu croient que la crise pourra être évitée. En témoignent notamment les agissements de nombreuses banques centrales qui accroissent leur réserve d'or: les Pays-Bas, l'Allemagne et la Turquie rapatrient leurs lingots des USA depuis 2014. La Russie mise également sur ce métal précieux, qui a augmenté ses réserves jusqu'à 2.000 tonnes d'or — un record.

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    Tags:
    économie, marché, guerre commerciale, risques, ignorance, obligations, sanctions, Chine, États-Unis, Russie
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