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Opposés aux projets Nord Stream et Turkish Stream, les États-Unis n’excluent toutefois pas de signer des contrats de livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en Turquie, a déclaré Sandra Oudkirk, vice-assistante du secrétaire d'État américain pour l'énergie. Deux analystes turc et russe ont commenté cette déclaration pour Sputnik.

Il est peu probable que la Turquie puisse signer des contrats à long terme avec des exportateurs américains de GNL, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik Sohbet Karbuz, directeur du département des hydrocarbures à l'Union des sociétés énergétiques de la Méditerranée, commentant les propos tenus lors d'une réunion du Conseil de l'Atlantique nord (CAN) par une diplomate américaine de haut rang sur l'éventualité d'une telle perspective.

«Tout d'abord, on s'attend à la prochaine mise en exploitation du gazoduc Turkish Stream, et plusieurs contrats qui doivent expirer en 2021 seront sans doute prolongés. Ensuite, l'avenir de la demande en gaz de la Turquie est vague pour le moment […]. Et enfin, ce sont un coût élevé [du GNL américain, ndlr] et la responsabilité financière qui y entrent en jeu», a expliqué l'expert.

Un autre interlocuteur de l'agence, Stanislav Mitrakhovitch de la Fondation nationale russe pour la sécurité énergétique, a relevé lui aussi que le prix du GNL serait supérieur à celui qui était fixé dans le contrat turc avec Gazprom.

«Autrement, la Turquie aurait depuis longtemps acheté du GNL sur le marché mondial pour ses terminaux», a indiqué M.Mitrakhovitch.

Et d'ajouter qu'en décidant d'augmenter considérablement la part du GNL dans sa balance énergétique, la Turquie devrait investir énormément dans la création d'infrastructures supplémentaires, dépenses qu'on pouvait bien éviter, en recevant toujours du gaz russe en grandes quantités.

«Il est avantageux pour la Turquie d'acheter du gaz à la Russie et ce d'autant plus que grâce au Turkish Stream, elle en recevra en direct, sans intermédiaires», a résumé l'analyste.

Le gazoduc Turkish Stream, long de plus de 900 kilomètres, entre le territoire de Krasnodar (sud de la Russie) et la Turquie, devrait entrer en service d'ici 2020. Le projet prévoit la construction de deux conduites d'une capacité de 15,75 milliards de mètres cubes chacune, dont l'une acheminera du gaz russe en Turquie tandis que la seconde alimentera des pays d'Europe du Sud et du Sud-Est.

 

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gazoduc, livraisons, gaz, gaz naturel liquéfié (GNL), Nord Stream, Turkish Stream, Gazprom, Sputnik, Département d'Etat des Etats-Unis, Sandra Oudkirk, Stanislav Mitrakhovitch, Sohbet Karbuz, États-Unis, Russie, Turquie
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