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Chute du prix du pétrole - printemps 2020 (47)
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Dans le contexte de l’effondrement des prix sur le marché du pétrole, la Russie est capable de soutenir plus longtemps le cours bas du brut que l’Arabie saoudite, son opposant au sein de l’Opep +, estiment les analystes du groupe britannique Energy Aspects.

Après avoir analysé le potentiel des pays membres de l’Opep et de l’Opep +, les experts du groupe britannique Energy Aspects en sont venus à la conclusion que ce n’est pas obligatoirement celui qui affiche le prix du pétrole le plus bas qui sortira vainqueur, mais plutôt celui qui est capable de supporter le plus longtemps des cours bas.

Puits de pétrole dans le désert (image d'illustration)
© AP Photo / Hasan Jamali / Puits de pétrole dans le désert
«Nous estimons que la Russie se trouve dans une position plus forte que l’Arabie saoudite et la plupart d’autres producteurs de l’Opep pour soutenir longtemps des prix bas. Depuis avril 2015, la Russie a augmenté ses réserves de change de 140 milliards de dollars, jusqu’à 436 milliards de dollars, créant ainsi une sorte de tampon pour amortir une baisse des cours du pétrole sur plusieurs années. Selon le ministère russe des Finances, cela permettra de supporter des prix du brut entre 25 et 30 dollars pendant 6 à 10 ans. Et même si ce n’est qu’une exagération, la Russie pourra supporter des prix bas pendant longtemps», ont admis les Britanniques.

Selon ces derniers, il est peu probable que l’Arabie saoudite soit confrontée à une crise macroéconomique ou fiscale, mais il serait douloureux pour elle de soutenir sur une longue période des prix du pétrole entre 35 et 40 dollars le baril.

Échec de l’Opep +

L’accord Opep + sur une réduction de la production de pétrole est en vigueur depuis début 2017. Il a été prorogé à maintes reprises, alors que ses conditions changeaient. Ainsi, jusqu’à fin 2019, ce document prévoyait de réduire la production de 1,2 million de barils par jour par rapport au niveau d’octobre 2018, et au premier trimestre 2020, il s’agissait déjà de réduire la production de 1,7 million de barils.

Le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, a déclaré vendredi 6 mars qu’à partir du 1er avril, les engagements des pays membres de l’accord Opep + à réduire la production de pétrole ne seraient plus valables. Moscou n’a pas accepté la proposition du cartel de réduire encore la production de brut en raison de l’épidémie due au nouveau coronavirus.

L'absence d’accord sur une réduction supplémentaire de la production de pétrole au sein de l’Opep + et la propagation du coronavirus à travers le monde ont provoqué la chute des bourses. Les marchés boursiers ont enregistré une forte baisse des prix du brut. Qui plus est, l’Arabie saoudite a promis d’augmenter sa production de pétrole tout en en diminuant le prix.

Dossier:
Chute du prix du pétrole - printemps 2020 (47)

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Tags:
pétrole, OPEP, Arabie Saoudite, Russie
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