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Chute du prix du pétrole - printemps 2020 (47)
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Le groupe de médias Bloomberg a mis en garde contre une chute inédite de la demande mondiale en pétrole en 2020, sur fond de pandémie due au coronavirus.

En 2020, la consommation mondiale de pétrole risque de connaître sa plus forte baisse de l'histoire en raison de la Covid-19 et des mesures sans précédent prises par de nombreux pays pour endiguer sa propagation, a annoncé Bloomberg dimanche 15 mars.

«Les interdictions de voyager, le télétravail, les vacances annulées et les chaînes d'approvisionnement rompues signifient une diminution de la demande en carburant. Alors que la société continue de lutter contre le virus, la demande en pétrole […] continue de baisser», a indiqué l'agence de presse qui se réfère à plusieurs experts du secteur.

Baisse attendue d’un à 2,8 millions de barils par jour

Ainsi, les commerçants craignent de plus en plus que la demande en pétrole, qui représentait plus de 100 millions de barils par jour en moyenne en 2019, puisse se contracter plus que jamais cette année, dépassant la perte de près d’un million de barils, qui a été enregistrée pendant la grande récession de 2009. Et même celle des 2,65 millions de barils enregistrée en 1980, lorsque l'économie mondiale s'était effondrée après le deuxième choc pétrolier, rappelle Bloomberg.

«Nous assisterons à une baisse extrêmement forte de la demande», a noté Giovanni Serio, économiste en chef du géant pétrolier Vitol Group, cité par le groupe de médias.

Selon Goldman Sachs, de février à avril, la demande en pétrole diminuera chaque mois de plus de quatre millions de barils par jour.

Pour la société de conseil IHS Markit, la baisse de la demande sur un an peut atteindre 1,42 million de barils en moyenne, et 2,8 millions dans le pire des cas, alors qu’une autre société de conseil, FGE, considère que la chute sera de l’ordre d’1,3 million de barils par jour en 2020.

Chute du prix

En 2020, les cours du pétrole ont chuté de près de 50%, car l’influence de la pandémie sur l’économie mondiale coïncide avec le début d’une guerre des prix sur le marché pétrolier suite à l’échec, le 6 mars, des négociations entre les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et des producteurs hors Opep (Opep+).

Lundi 9 mars, le Brent a chuté de 20%, la plus forte baisse en un jour depuis la guerre du Golfe en 1991.

Certains experts estiment que les prix du pétrole pourraient même glisser en dessous des 10 dollars, pour la première fois depuis la guerre des prix entre l'Arabie saoudite et le Venezuela en 1997-1999, affirme Bloomberg.

D'autres investisseurs s'attendent à un scénario encore pire. Ainsi, selon les estimations du fonds Andurand, la demande pourrait baisser de dix millions de barils par jour au premier trimestre 2020.

L’entreprise de courtage pétrolier Trafigura s'attend également pour sa part à ce que la demande en pétrole chute prochainement de dix millions de barils par jour. D'ailleurs, il s’agit de prévisions à court terme, d’après Trafigura.

Dossier:
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Tags:
marché pétrolier, Bloomberg, prix du pétrole, pétrole
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