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Sanofi a annoncé vendredi la suppression de 1.700 emplois en Europe, dont un millier en France, un plan de départ qui intervient au moment où le groupe pharmaceutique a vu ses ventes dopées au premier trimestre par la crise sanitaire.

Marcy-l’Étoile, le 16 juin: lors d’une visite d’Emmanuel Macron dans son usine du Rhône, Sanofi annonce en grande pompe 610 millions d’euros pour se concentrer sur ses vaccins et la création d’une nouvelle usine dans l’Hexagone avec, à la clé, 200 emplois créés.

Ce jour-là, Sanofi n’évoque pas de plan de départ, même si «les autorités françaises savaient qu’on avait une réorganisation à mettre en place», a indiqué vendredi à l’AFP Olivier Bogillot, le président France du groupe pharmaceutique.

La réorganisation, présentée vendredi aux partenaires sociaux européens, comprend un plan de 1.700 départs en Europe, dont un millier des 25.000 collaborateurs en France (sur 100.000 dans le monde).

Les départs en France seront «exclusivement basés sur le volontariat», s’étaleront sur trois ans et concernent des postes «en CDI pour la plupart, notamment des «fonctions support, commerciales et des plateformes liées à la recherches», a détaillé Olivier Bogillot.

Économiser deux milliards d’euros d’ici à 2022

Le projet s’inscrit dans une nouvelle stratégie lancée en décembre: quelques mois après l’arrivée du Britannique Paul Hudson, premier patron non francophone du groupe, Sanofi avait annoncé vouloir économiser deux milliards d’euros d’ici à 2022, notamment avec un désengagement dans le diabète et le cardiovasculaire pour miser sur l’oncologie.

«On n’est pas du tout dans un plan qui suivrait la crise du Covid, comme on peut le voir dans d’autres secteurs», mais il correspond à la «nouvelle stratégie» du groupe, a souligné Olivier Bogillot.

Une réunion est prévue lundi pour «dérouler la feuille stratégique» aux partenaires sociaux français, a ajouté M. Bogillot, sans préciser les compensations qui seraient proposées aux salariés ni l’enveloppe prévue pour financer ce guichet départs.

Seront concernés «certains sites en Ile-de-France sur les fonctions support, au siège international rue de la Boétie à Paris au campus val de Bièvre (Val-de-Marne) ou d’autres endroits en France mais surtout sur nos sites tertiaires», a indiqué le président France.

Il n’y aura pas de fermeture d’usine, sur les 18 implantées en France, a en revanche assuré Sanofi.

Passer d’un total de 300 médicaments à vendre à une centaine

Avec ce nouveau plan, «c’est la poursuite du démantèlement du groupe et de l’externalisation des activités. Sanofi veut passer d’un total de 300 médicaments à vendre à seulement une centaine. On a l’impression que le groupe ne veut conserver que ce qui est le plus rentable», a réagi auprès de l’AFP Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi.

Le laboratoire, fabricant du Doliprane, affichait un chiffre d’affaires au premier trimestre de près de 9 milliards d’euros, soit une hausse de 6,9% due pour moitié à la pandémie de Covid-19, pendant laquelle les ventes de médicaments anti-douleur ont été dopées.

Le groupe, dont le chiffre d’affaires annuel atteignait de 36 milliards d’euros en 2019, a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l’année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards. A contre-courant de nombre d’entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire.

«C’est la science qui nous conduit à faire un certain nombre de choix. Vous mettez vos ressources là où vous pouvez faire la différence», a expliqué à l’AFP Olivier Bogillot, «ça ne nous empêche pas de montrer à nos investisseurs qu’on est très compétitifs».

Vaccins contre le Covid-19

Sanofi est notamment l’un des principaux acteurs mondiaux dans la production de vaccins, et il travaille actuellement au développement de deux vaccins contre le Covid-19, attendus courant 2021.

Mais le groupe avait créé une vive polémique le mois dernier, lorsque son directeur général Paul Hudson avait évoqué la possibilité de favoriser les États-Unis, lesquels ont investi dans sa recherche contre le coronavirus. Emmanuel Macron avait notamment appelé à ce que ce vaccin soit «extrait des lois du marché».

A la Bourse de Paris, l’action Sanofi était quasi stable (+0,10% à 91,95 euros) vendredi à la mi-journée, dans un marché en nette hausse (+1,80%).

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Tags:
licenciement, pharmaceutique, France, Sanofi
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