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Alors qu’il enchaîne les records depuis des semaines, le Bitcoin fait également l’objet d’un intérêt croissant de la part de grands acteurs économiques mondiaux. En marche vers la révolution Bitcoin? Éléments de réponses au micro de Sputnik avec Julien Béranger, spécialiste des cryptomonnaies.

Le 14 février, jour des amoureux, a aussi été celui du Bitcoin. La valeur de la plus célèbre des cryptomonnaies a atteint un nouveau sommet historique, à 49.500 dollars. Le temps d’un instant, le Bitcoin s’est ainsi rapproché du seuil psychologique des 50.000 dollars, qu’il doit percer pour continuer sa folle envolée.

​Ce 15 février à 13h54 UTC, le cours avait repris son souffle et évoluait à 47.972,80 dollars. Pour rappel, en mars 2020, il était passé sous les 5.000 dollars.

«Le Bitcoin prend de plus en plus de place dans l’économie. Il s’agit d’une évolution naturelle des choses. Le mouvement concerne d’ailleurs les cryptomonnaies en général et pas seulement le Bitcoin. C’est la finance décentralisée qui se développe en proposant de nouveaux outils», explique à Sputnik Julien Béranger, patron de Strat et spécialiste des cryptomonnaies.

Bloomberg indiquait le 13 février que la célèbre banque Morgan Stanley réfléchissait à investir massivement dans le Bitcoin: «Une branche d’investissement de Morgan Stanley doté de 150 milliards de dollars et connue pour ses prouesses dans la sélection des actions de croissance envisage d’ajouter le Bitcoin à sa liste de paris possibles.»

Ruée sur le Bitcoin

La veille, le Journal du coin, média spécialisé dans l’actualité des cryptomonnaies, soulignait que «la Bank of New York Mellon (BNY Mellon), la plus ancienne institution bancaire du pays», allait «proposer des services de conservation de Bitcoins et d’actifs numériques pour ses clients institutionnels.» «Nous avons constaté une augmentation de l’intérêt et de la demande des clients. Il est tout à fait naturel que nous utilisions notre réputation de fiabilité et d’innovation pour être les premiers à combler le fossé entre les actifs traditionnels et numériques», justifie ainsi Todd Gibbons, patron de la BNY Mellon.

Même du côté des États, ça bouge. Le 12 février, les autorités canadiennes ont ainsi autorisé le lancement d’un fonds de Bitcoins négocié en Bourse. Il s’agit du premier de ce type au monde. La Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO), qui officie en tant que gendarme de la Bourse de Toronto, a autorisé le lancement de ce fonds indiciel proposé par la société Purpose Investments. «Ce fonds négocié en Bourse sera le premier au monde à investir directement dans des Bitcoins» adossés physiquement «et non pas sur des dérivés, offrant aux investisseurs un accès facile et efficace à la catégorie d’actifs émergente de la cryptomonnaie sans le risque lié à l’autodétention dans un portefeuille numérique», a déclaré la société Purpose Investments dans un communiqué.

Julien Béranger appelle à relativiser la percée du Bitcoin dans le monde financier et économique. Selon lui, les cryptomonnaies «n’ont pas vocation à remplacer les monnaies FIAT», c’est-à-dire les monnaies fiduciaires contrôlées par les Etats. «Il faut prendre les crypto pour ce qu’elles sont: des monnaies complémentaires», ajoute-t-il.

Reste qu’elles continuent de prendre de plus en plus d’importance. Le projet de la ville de Miami aux États-Unis est assez révélateur. Le 11 février, Bloomberg mentionnait ainsi que Francis Suarez, édile de la cité floridienne et fervent défenseur du Bitcoin, avait proposé de payer les employés municipaux et de récolter les taxes avec la cryptomonnaie star.

Priorité législative de l’État, payer les employés en Bitcoin, investissement de la trésorerie de la ville en Bitcoin.

«Je pense que nous sommes sur le point de voir un changement titanesque majeur à ce sujet. C’est une industrie bruyante et en croissance, et cela enverrait le bon signal», a-t-il déclaré devant la Commission municipale. Payer des salaires avec une monnaie aussi volatile? «Cela ne me choque pas plus que ça», lance Julien Béranger. De telles initiatives sont-elles amenées à se multiplier? Pas impossible, pour l’expert, qui pointe également la place que pourrait prendre le Bitcoin dans le commerce:

«Quand on annonce que l’on accepte une monnaie complémentaire comme le Bitcoin, on fait partie du réseau monétaire en question. Aujourd’hui, en France, un commerçant n’a pas le droit de refuser un paiement en euros, mais il peut tout à fait décider d’accepter le Bitcoin.»

Accepter le Bitcoin comme moyen de paiement, cela pourrait être la décision prise à terme par le patron de Uber. Du côté de Tesla, un projet est actuellement à l’étude. La marque de voitures électriques dirigée par le fantasque milliardaire Elon Musk a récemment investi 1,5 milliard de dollars dans le Bitcoin. Mais c’est bien une autre information qui a retenu l’attention de Julien Béranger:

«Concernant le Bitcoin, plus que l’achat massif de Tesla, il me semble que c’est son projet de possiblement l’accepter comme moyen de paiement qui est encore plus important. Il s’agirait d’une étape majeure.»

Comme le relève le site Auto Plus, si ce projet venait à prendre forme, au cours actuel, il faudrait… un seul Bitcoin pour s’offrir le dernier SUV électrique de la marque, ce dernier démarrant à 41.990 dollars.

«Il est important que plusieurs monnaies circulent»

Le Bitcoin comme «monnaie d’Internet» est un autre projet, cette fois poussé par le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, et le rappeur Jay-Z. «Jay-Z et moi allons donner 500 Bitcoins à une nouvelle dotation nommée Btrust pour financer le développement du Bitcoin, qui sera initialement concentré sur des équipes en Afrique et en Inde», a ainsi tweeté Jack Dorsey, également patron de Square, une société de services de paiements. «Ce sera une fiducie sans droit de regard, qui ne recevra aucune directive de notre part», a précisé le fondateur du réseau à l’oiseau bleu. Btrust aura pour mission de «faire du Bitcoin la devise d’Internet.»

​Julien Béranger assure que «c’est à chacun de gérer ses actifs et à chacun d’annoncer quelle monnaie il accepte ou pas.» «Ni Jack Dorsey ni Jay-Z ne vont choisir quelle va être la monnaie d’Internet», poursuit-il. Il accueille cependant favorablement le projet:

«Il est important que plusieurs monnaies circulent. L’hégémonie du dollar américain n’a plus aucun sens aujourd’hui. C’est une très bonne chose que Jack Dorsey et Jay-Z s’impliquent dans le développement du Bitcoin. D’ailleurs, toutes les initiatives visant à améliorer les techniques inhérentes au Web 3 sont les bienvenues.»

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Tags:
économie, Elon Musk, cryptomonnaie, Bitcoin
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