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En 2020, la demande de pétrole russe aux États-Unis a atteint un niveau record avec un taux journalier moyen de 538.000 barils, selon les données de l’Agence d’information sur l’énergie du ministère américain de l’Énergie. Les raisons en sont expliquées à Sputnik par un expert.

Alors que Washington met en garde ses alliés européens contre une trop grande dépendance vis-à-vis de Moscou, les États-Unis augmentent leurs importations de pétrole et de produits raffinés russes.

L’Agence d’information sur l’énergie, agence indépendante de statistique au sein du ministère américain de l’Énergie, indique que les importations de pétrole russe ont atteint leur plus haut niveau historique.

Les États-Unis ont acheté 538.000 barils par jour en 2020. Les livraisons russes ont augmenté de 3,5% sur l’année pour s’élever à près de 7% dans l’ensemble des importations américaines (il y a 20 ans, ce taux était inférieur à 1% pour atteindre 5,5% en 2011).

Bloomberg témoigne que l’année dernière la Russie a été le deuxième plus grand exportateur de pétrole et de produits raffinés vers les États-Unis, devançant l’Arabie saoudite.

Les raisons en ont été expliquées à Sputnik par l’analyste du Fonds de sécurité énergétique national Igor Youchkov.

Embargo sur le pétrole vénézuélien

«La cause majeure est liée aux sanctions contre le Venezuela. Auparavant le Venezuela était l’un des principaux fournisseurs des États-Unis. La première place est historiquement détenue par le Canada qui était suivi par le Venezuela», révèle-t-il.

L’expert signale que les relations politiques tendues à l’époque aussi bien de la présidence d’Hugo Chavez que de celle de Nicolas Maduro n’ont pas empêché les deux pays de mener un commerce actif. Pour le Venezuela, les États-Unis étaient leur principal marché d’écoulement et pour ceux-ci le pétrole vénézuélien était l’une des principales sources de matière première à destination des raffineries.

Fin 2019, les États-Unis ont introduit des sanctions contre le Venezuela et ont interdit à qui que ce soit l’achat de pétrole, privant ainsi leurs raffineries de cette matière première.

Rapport qualité/prix convenable

«Les raffineries qui sont adaptées au traitement d’un type de pétrole concret ont dû chercher une alternative. Il s’est avéré que le brut russe Urals convenait bien pour remplacer le pétrole vénézuélien. Il est aussi suffisamment sulfureux et suffisamment lourd. C’est pourquoi les entreprises américaines ont commencé à acheter activement l’Urals russe», détaille Igor Youchkov.

Selon lui, les consommateurs américains ont apprécié son rapport qualité/prix, d’autant plus que son achat n’est pas frappé par des sanctions.

«Aussi la Russie a-t-elle augmenté ses livraisons. D’autant plus que le brut russe a été très demandé en 2020, par des raffineries européennes et par des entreprises américaines.»

Cette hausse de la demande a eu pour effet que le prix de l’Urals, d’ordinaire légèrement inférieur à celui du pétrole Brent, a dépassé en 2020 ce dernier, selon l’expert.

La hausse des achats de pétrole russe intervient alors que les États-Unis frappent de sanctions des entreprises impliquées dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 en prétextant se soucier de la sécurité énergétique européenne malgré le caractère purement commercial de ce projet.

Rien que les affaires

Igor Youchkov signale à ce propos que les acheteurs américains envisagent les livraisons de pétrole russe du point de vue uniquement économique, sans les lier à la politique.

«Aux États-Unis, les hommes d’affaires sont assez apolitiques. Ils respectent strictement les règles du jeu établies par le gouvernement. Si des sanctions sont introduites, ils les respectent, en leur absence peu leur importe: que ce soit le pétrole du Venezuela ou de la Russie, voire de l’Iran. L’essentiel c’est le prix.»

M.Youchkov révèle à ce propos un fait surprenant: les États-Unis achètent du pétrole russe malgré l’existence de sanctions sectorielles contre la branche pétrolière russe.

«La même chose a eu lieu avec le gaz. Ils [les États-Unis, ndlr] ont frappé de sanctions Novatek [producteur russe de gaz naturel, ndlr], mais la toute première livraison du projet Yamal LNG est partie à destination de Boston», conclut-il.

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États-Unis, pétrole, importations
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