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Le CAC 40 continue sa folle course vers les sommets, entamée en début d’année. Une flambée qui inquiète et fait grincer quelques dents.

La troisième vague épidémique en Europe et la hausse des taux d’intérêts à long terme ne semblent pas affecter le CAC 40. L’indice boursier parisien n’en finit pas de s’envoler depuis plusieurs semaines. Il a même dépassé la barre symbolique des 6.300 points ce 19 avril, avant de refluer vers les 6.200 points. Un palier que le CAC 40 n’avait plus dépassé depuis l’automne 2000, à l’époque de la bulle technologique.

Depuis le début de l’année, l’indice a bondi de plus de 13,5% et affiche des performances boursières parmi les meilleures du monde, devançant le Dow Jones, le Nasdaq ou le S & P 500. Une renaissance pour un CAC 40 lourdement impacté par le «coronacrack», qui était descendu jusqu’à 3.750 points en mars 2020.

Dans le détail, l’indice est notamment porté par la remontée du prix de matières premières, qui profite à des géants comme ArcelorMittal ou Saint-Gobain, spécialiste des matériaux de construction, rapporte Les Échos. Le secteur du luxe, relativement épargné par la crise du Covid-19, a pour sa part accentué sa domination sur le CAC 40, au détriment de l’aéronautique.

En février, LVMH est d’ailleurs devenue la plus grande entreprise cotée d’Europe, avec une valorisation de 271 milliards d’euros. Le groupe de Bernard Arnault avait ravi le trône à Nestlé.

Polémique et risque de krach

Cette renaissance du principal indice boursier français, alors que le pays est encore englué dans la crise sanitaire, crée la polémique. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie avait déjà essuyé des critiques en déclarant début mars que c’était l’heure de «faire des bonnes affaires en Bourse», sur CNews.

Des propos symboliques d’une «déconnexion des réalités», alors que de nombreuses entreprises sont encore en difficulté, lui avait répondu sur Twitter, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.

Le 14 avril, le groupe LFI avait également soumis une proposition de loi pour lutter contre les «profiteurs de la crise» visant à taxer à 50% «le surplus de bénéfice» réalisé par certaines entreprises depuis le début de l’épidémie. Sanofi, poids lourd à la Bourse de Paris, était notamment visé.

La mesure aurait pu rapporter 6 milliards d’euros, appliquée aux seules entreprises du CAC 40, a annoncé Mathilde Panot devant la commission des Finances de l'Assemblée. La proposition a cependant été rejetée.

En juin, un rapport Oxfam avait révélé que les versements aux actionnaires du CAC 40 avaient augmenté de 70% entre 2009 et 2018. La rémunération des PDG d’entreprises cotées avait pour sa part bondi de 60%. Sur la même période, le SMIC avait augmenté de 12%.

La question d’un risque de krach a aussi été évoquée. La déconnexion entre les marchés financiers et l’économie réelle, en Europe comme aux États-Unis, a notamment été pointée du doigt par la Chine, début mars.

Le CAC 40 a atteint son plus haut historique le 4 septembre 2000, à 6.944 points, profitant de la bulle spéculative sur les médias et nouvelles technologies. Il s’était par la suite effondré lors du krach boursier de 2001-2002, avec l’éclatement de cette bulle, dans le sillage du Nasdaq. L’indice français avait alors sombré jusqu’à 2.401 points, le 12 mars 2003.

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Tags:
Nasdaq, économie, krach financier, Bourse de Paris
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